Table ronde : rencontre des festivals au 9e FICA : Créer des passerelles 21 décembre 2018

Dans le volet académique et professionnel du Festival international du cinéma d’Alger (FICA), qui se poursuit jusqu’au 9 décembre à l’Office Riad El-Feth à Alger, une rencontre a eu lieu, lundi, entre les commissaires de festivals internationaux de cinéma, pour débattre autour de projets communs.

Dans le volet académique et professionnel du Festival international du cinéma d’Alger (FICA), qui se poursuit jusqu’au 9 décembre à l’Office Riad El-Feth à Alger, une rencontre a eu lieu, lundi, entre les commissaires de festivals internationaux de cinéma, pour débattre autour de projets communs.

Vétéran du festival de Goa et membre du Conseil International du cinéma, de la télévision et de la communication audiovisuelle (CICT), Georges Dupont est revenu sur la récente célébration des 50 ans du festival avec une moyenne de 8.000 participants pour chaque édition. Revenant sur la référence du festival de Goa de fréquentation des salles obscures, l’interlocuteur a suggéré de créer une institution cinématographique internationale pour que les festivals du monde soit au devant de la scène, notamment avec le partage des connaissances cinématographiques modernes pour redonner au cinéma ses années de gloire en terme d’affluence. Commissaire du festival international d’Alicante en Espagne, Vincente Seva s’est dit surpris par la qualité et l’authenticité des films projetés au FICA. «J’ai entendu parler du Festival international du Cinéma d’Alger depuis l’Espagne. Le festival d’Alicante existe depuis quinze ans. J’espère qu’il y aura une jonction entre les festivals existants à travers le monde pour une meilleure collaboration et plus de visibilité», a-t-il soutenu.
Directeur artistique du FESPACO, François Akouabou Adianga a remercié l’Algérie pour l’attribution du premier prix Miriam Makeba de la creativité artistique au festival du FESPACO qui pour lui, demeure la fierté de la culture africaine. «Nous sommes présents au FICA depuis 2015. Les films projetés sont d’une authenticité remarquable. J’insiste sur la création de passerelles entre les festivals pour plus de promotion du septième art. J’espère qu’à l’issue de cette rencontre, qui ne sera pas la dernière, nous parvenons à un échange de production cinématographique entre les différents festivals. C’est ce qui va nous permettre d’avoir le même point de vue ou de converger avec l’idéal fixé par chaque festival»,
a-t-il noté.

Edification cinématographique

L’ensemble des intervenants a proposé une série de recommandations pour une meilleure visibilité et interactivité entre les travaux des différents festivals et une meilleure émergence des jeunes talents. Pour François Akouabou Adianga, il faut offrir aux jeunes cinéastes plus d’espace pour s’exprimer artistiquement au niveau des festivals. «Il faut renforcer l’introduction des ateliers de formation sur les différents métiers du cinéma et créer des cellules de développement de projet ainsi que des laboratoires spécialisés. Il est impératif de se pencher sur la mise en place d’un réseau de festival. Pour cette mise en réseau, il faut que la collaboration qui existe entre certains festivals soit mise à profit. Il faut aussi que les festivals parviennent à faire la promotion des films», a-t-il suggéré.
Pour Jean Asselmyer, les festivals sont des espaces de rencontres et d’échanges. Le panorama du
cinéma algérien a besoin de l’aide des structures du cinéma algérien pour pouvoir promouvoir cette culture. De son coté, Mohamed El-Keurti a estimé que les ciné-clubs sont les prolongements des festivals. Pour lui, il est donc primordial de relancer les ciné-clubs à travers tout le territoire national. Le réalisateur et commissaire du festival culturel amazigh, Amar Tribéche, insiste, pour sa part, sur l’instauration d’une politique de sponsoring en Algérie. En somme, Georges Dupont propose de faire un recensement mondial des festivals qui existent afin d’établir une passerelle de collaboration assez formelle entre ces festivals, tout en insistant sur le rôle important des cinémathèques.

Kader Bentounès