SOTRA … Sous l’emprise d’une société 15 novembre 2019

Il s’intitule « Sotra ». C’est le premier court-métrage du réalisateur algérien Abdallah Aggoune. Un film de 20 min où le scénario met l’accent sur une situation très courante dans la société algérienne.

Le réalisateur nous raconte le comportement inapproprié d’une jeunesse perdue entre le non-respect, le sexisme et la religion. Un fléau social qui a pris racine dans nos rues, nos maisons et nos quotidiens. Mais il évoque aussi l’histoire de Rahim et sa fille Kahina étouffés et noyés par ce fléau.

Caché derrière les rideaux de sa fenêtre, Rahim fait figure d’un papa traumatisé, peureux et incapable de protéger sa petite famille. Les événements de ce court-métrage se déroulent dans une cité où la jeune Kahina vit un clavaire.
Harcelé par un certain Karim, un profil voyou et délinquant du quartier tenant des discours extrémistes. Ce dernier n’hésite pas à menacer la fille,  lui imposant de porter le foulard comme symbole de pudeur et de femme correcte. Drague, intimidation, attouchement, Kahina voit sa vie prendre un autre tournant, elle qui est ambitieuse et talentueuse ne comprend pas l’acharnement qu’elle subit chaque jour.

Patriote, le papa n’ose pas faire face à ce qui se passe. Il convainc sa fille de porter le Hijab et de renoncer à son instrument favori qu’est la guitare, sous prétexte de la protéger. Malheureuse, Kahina pleure son sort et cède malgré ses convictions et sombre dans un choc total.

Heureux  de sa victoire et de son exploit, le délinquant dépasse ses limites,  ce qui a fait un rebondissement dans l’histoire du cinéaste. Rahim, le père, décide enfin de sortir de sa prison. Il prend sa vie en main ainsi que celle de sa famille et donne une bonne leçon à Karim, ce macho qui à la fin fit l’objet d’une mascarade du quartier.