Saadi Gacem… « Felfel Lahmer » la naissance d’un parcours 15 novembre 2019

Saadia Gacem fait ses premiers pas dans la cinématographie avec son premier court-métrage intitulé « Felfel lahmer ». Trente-deux films en compétition pour la 10ème édition du Festival international du cinéma d’Alger (FICA)  2019, dont le court-métrage « Felfel lahmer » qui a été projeté cette après-midi à la salle Ibn Zaydon. Le film en question évoque le code de la famille. Un documentaire où la réalisatrice partage des scènes tournées dans deux lieux différents.
Réalisé dans le cadre d’un atelier de création, dirigé par Habiba Djahnine. Le film relate les discours rapportés par les militantes sur les différents textes du code de la famille en Algérie. La réalisatrice dévoile en même temps le quotidien de sa famille à Bordj-Bou-Arreridj et ses moments spontanés avec sa maman.

« FelFel Lahmer », un titre qui sort un peu de ce qu’on a l’habitude de voir…

J’ai choisi « Felfel lahmer » en référence au code de la famille qui est rouge.. Et aussi parce que la préparation du piment rouge est une tradition chez nous, je le fais tous les étés avec ma mère. C’est de là que l’idée d’intituler ce court-métrage ‘felfel lahmer’ est née.

Comment l’idée de faire un film vous a traversé l’esprit sachant que c’est votre première réalisation dans le monde cinématographique ?

Comme je disais, chaque été j’ai l’habitude de participer à la préparation du piment rouge, ce qu’on appelle aussi « felfel akri » avec ma famille. Cette ambiance rythmée, en discordance avec la résistance au quotidien, ce partage de moments de joie, ces histoires que ma mère me racontait ont réveillé en moi l’envie de filmer et de réaliser ce court-métrage.

C’était un documentaire de 30 minutes où vous avez donné la parole à plusieurs femmes de différentes générations et d’expériences et celles-ci ont pris à bras ouverts votre caméra d’une manière spontanée…

Le but de ce film était de filmer le réel. On a procédé à un travail structuré sur lequel tout documentaire se base pour l’image. Ensuite, tous ces moments et ces histoires racontés par ma mère étaient spontanés, je ne lui ai pas dicté un scénario, la balade dans le village, était aussi une partie de notre quotidien, les copines qui décortiquaient le code de la famille elles aussi, ont agi de manière très spontanée.

Pour revenir à votre parcours, le film est la suite d’un atelier de formation, pourriez-vous partager avec nous cette première expérience ?

En fait, c’est dans le cadre d’une atelier de création dirigé par Habiba Djahnine  que j’ai réalisé ce film. Pour vous dire, ça n’a pas été facile, c’est le fruit d’un an et demi de travail, de réflexion, de stress, mais aussi un an et demi de joie et de bonheur. J’ai beaucoup appris et évalué dans cette réflexion et à la fin, je suis sortie avec une idée concrète dont je suis modestement très satisfaite et heureuse.

À qui vous destinez ce film ?

Le documentaire évoque un sujet destiné à tout le monde notamment les hommes, car les femmes sont conscientes de ce qu’elles sont en train de vivre, elles luttaient chaque jour, elles ont des stratégies et des modes de vie bien organisés. Donc, le film s’adresse à toute personne qui est touchée par le code de la famille.