Saad Khiari, président du jury Documentaire : « Je porte le combat des femmes depuis toujours » 17 novembre 2019

Vous êtes auteur et chercheur aussi, comment se fait l’adaptation d’une œuvre littéraire en écran ?

C’est très compliqué d’adapter un roman en film. Moi, j’ai eu la chance de faire l’école de cinéma au même temps que Ahmed Bedjaoui, on a apprit au même temps l’écriture manuelle que l’écriture cinématographique, forcement quand on écrit, on a des images dans la tête. L’adaptation est une chose beaucoup plus compliqué parce qu’on ne peut pas adapter une œuvre littéraire en cinéma, c’est un travail très long, personnellement je ne me sens pas capable d’adapté par exemple, « Nedjma » de Kateb Yacine, car c’est une œuvre tellement profonde et importante. En revanche, il existe beaucoup de livre facile a adapté, dans la mesure où il y’a un récit, une chronologie et des personnages.

Etant aussi dans le milieu cinématographique, comment voyez-vous l’évolution du cinéma algérien ?

Franchement, je ne peux pas vous le dire exactement, car je vis entre Paris et Alger. Mais on sent qu’il y’a un souffle nouveau, on sent qu’il y’a une jeunesse, et des talents, mais des talents seuls ne suffisent pas, il faut qu’il y’est derrière une volonté sur le point culturel, pour financer et aider les jeunes, et les libérer de difficultés aux quels ils font face, surtout pour le tournage, mais aussi les laisser s’exprimer. C’est seulement comme cela qu’on peut apprendre à faire des bonnes choses. On prend pour exemple, le film cubain « Incencia », de Alejandro Gil, malheureusement, y’en a aucun film algérien, qui parle de la révolution algérienne de cette façon, alors que nous avons une révolution extraordinaire. Malheureusement, on n’a pas donné la chance aux jeunes de découvrir leurs talents. Pour remédier à cela, il faut leur mettre en place des écoles de cinéma ou les envoyer en stage à l’étranger.

Certains disent que tous les films cinématographiques sont engagés, qu’en pensez-vous ?

Un film est toujours engagé dans un sens ou dans l’autre, que cela soit sur le plan esthétique, ou sur ses idées ou sur le plan économique ou politique. Nos critères à nous, autant qu’algériens, quand on parle d’engagement, c’est la liberté, la démocratie ou encore la lutte de ce qui reste du colonialisme. Un algérien qui n’est pas solidaire pour la cause palestinienne, il ne mérite pas le passé que nous avons. On peut aussi être engagé dans la défense de l’art, de la peinture, de la musique ect, ou encore dans nos valeurs à nous ou de notre histoire et de notre patrimoine.

Quels sont vos prochains projets ?

Actuellement, je suis entrain de finir un nouveau roman, qui sortira fin janvier. Moi je suis féministe, alors mon nouveau roman va mettre en scène deux femmes  qui se battent tous les jours contre des ennemies nombreux pour qu’elles arrivent à se libérer. Je porte le combat des femmes depuis toujours.