Rencontre avec les directeurs de festivals internationaux 4 décembre 2018

François Akouabou Adianga,  directeur artistique du Fespaco

« Merci au Fica de nous avoir permis d’être là et merci pour le prix Meriem Makéba attribué par l’Algérie  au Fescapo. Je pense que c’est  un prix  qui revient à toute l’Afrique. Ce prix est la fierté de toute l’Afrique et de toutes les personnes qui aiment le cinéma. Merci à tous ceux qui ont milité pour cette reconnaissance.

Nous sommes  présents au Fica depuis 2015.  Cette participation est  une très bonne chose pour nous car on voit des films ici qu’on n’a jamais vus chez nous.  C’est vraiment un alternatif du Fica. Cela répond à cette thématique  de passerelle  entre le festival de promotion des productions cinématographiques  audiovisuelles. Ce qui est intéressent, c’est qu’on puisse  arriver- je l’espére bien après cette rencontre  qui ne sera pas la dernière-  à cet échange de production cinématographique à de différents festivals. C’est ce qui va nous permettre d’avoir le même point de vue ou de converger  avec cet idéal que s’est fixé chaque festival ».

 Vincente Seva , directeur du festival international  d’Alicante

«  J’ai entendu parler du  Festival international du Cinéma d’Alger depuis l’Espagne. J’ai vu l’importance des films qui sont présentés. Notre festival d’Alicante  existe  depuis quinze ans.   Notre festival comporte plusieurs sections. J’espère qu’il y aura une jonction entre les festivals existants à travers le monde ».

Jean Asselmeyer, cinéaste et directeur du Panorama du  Cinéma Algérien à Nîmes

 «Merci au Fica pour cette deuxième invitation.   Ce  qui nous lie peut-être entre Le Panorama du Cinéma Algérien de Nîmes et le Fica,  c’est la notion d’engagement. Le Panorama du Cinéma Algérien, ce  n’est pas mon festival mais l’œuvre d’un collectif  qui s’est crée en 2005 en réponse et en opposition  à un paquet de loi que nous appelons scélérates, qui  ont été votées par le parlement  français, hélas, sur les soit disant bienfaits de la colonisation. Donc c’est créer une association d’amitié  franco-algérienne à Nîmes qui s’appelle France-El-Djazair dont le but est  de rappeler ce qu’a été la période coloniale et de promouvoir l’amitié entre deux peuples. Dans le cadre de la promotion d’amitié entre nos deux peuples et le refus de l’éloge de la  colonisation qui est l’œuvre du gouvernement français. Nous  venons de fêter, il y a huit jours de cela sa dixième édition.  Pour nous le cinéma est un moyen comme la  culture en général et du  rapprochement entre les peuples. Il faut dire que nous n’avons pas choisi le terrain le plus facile car  le Gars est un département conservateur. Nous avons organisé en 2012 un colloque sur la fédération de France du FILN  avec différents invités, à l’image de Ali Haroun et de Mostefa  Boudina.  Nous avons tenu  ce colloque sous protection policière. Ce qui nous rapproche du Fica, c’est  notre engagement pour l’amitié et la compréhension entre les peuples.  Nous  sommes une structure associative. Nous touchons très peu de subventions.  Nous vivons avec  l’argent de nos  adhérents. Nous avons des activités dans différentes villes du Gars, à l’Est qui est une région  dans laquelle beaucoup de mineurs algériens sont venus dans les années 50 et 60 ».

Mohamed El -Keurti,  Président  de l’association culture Emir Abdelkader

« Notre association gravite autour du ciné-club de Mascara. Depuis la création de  l’association, nous nous sommes versés vers le cinéma et le ciné-club. Le ciné-club existe depuis 31  ans.  C’est actuellement le plus ancien ciné-club en Algérie en activité. Il y a eu un creux  de deux ou trois ans dans les années 90. Toutes les semaines se tient une séance  de ciné-club avec présentation de films, suivi de débats. Nous sommes passés par tous les moyens de diffusion de la présentation d’un  film en 35mm,  de  vidéoprojecteur jusqu’ à l’obtention depuis quatre ans d’une salle restaurée-je pense que c’est  l’une des plus belles d’Algérie- et équipée en DCP.  Au niveau denotre ciné-club nous essayons de faire vivre cette culture. Depuis quelques temps, nous collaborons avec les organisateurs des Journées cinématographiques de Béjaia. Nous avons initié, en septembre dernier, une rencontre pour créer le réseau du ciné-club.  Nous allons finaliser ce réseau à Mascara. A partir de là nous allons pérenniser ces rencontres annuellement. Cela sera  une sorte de festivals des ciné-clubs. Je pense que c’est quelque chose d’originale. Nous avons eu ces dernières  des ciné-clubs qui ont existé mais qui ont vite disparus.  Il y a d’autres ciné-clubs qui existent. Il y a des rencontres qui se déroulent de temps  en temps.  Je pense que cela va renforcer le réseau en question ».

 Georges Dupont, vétéran du festival de Goa et membre du Conseil International du cinéma, de la télévision et de la communication audiovisuelle (CICT.

 « Le Festival international du film d’Inde est un festival de cinéma, basé à Goa en Inde. C’est l’un des plus grands festivals du monde.   Le festival fêtera ses 50 ans l’année prochaine. Le festival de Goa est une institution qui est organisée par le ministère de la formation et de la radio diffusion d’Inde.  Ce festival a une programmation ahurissante. Ils ont les  derniers films qui sortent de  part le monde. Il y a plus de 8000  participants. C’est Bollywood mais international. Tous  les ans, ils invitent un pays – l’année dernière,  l’invité d’honneur c’était le Canada- et à chaque fois il y a de grands réalisateurs connus dans le  monde qui viennent pour présenter leurs films. Il  y a  beaucoup d’avant-première. Il y a une population qui est directement impliquée.  Ils ont d’énormes salles de cinéma. La population  cinéaste est fan de tous.  La demande d’encadrement est faite par de grands artistes et surtout  tout Bollywood  se retrouve là avec de belles artistes. A la fin de la manifestation, nous décernons notre prix international du  conseil international du cinéma, de la télévision et de la communication audiovisuelle avec tous les ministres qui ne sont seulement de la région-car un système phonétique assez complexe. Ces derniers viennent  de New -Delhi et font partie de la fête avec de grands acteurs qu’ils invitent. C’est vraiment un show.  Les organisateurs sont intéressés pour faire un partenariat avec nous dont  nous sommes  partenaire de l’UNESCO. Notre objectif c’est de faire valoir les jeunes. C’est là un créneau très important qu’on essaye de chercher et de faire valoir. Tous ceux  qui sont et qui rament dans les pays et qui  n’arrivent pas à être produits, diffusés et surtout distribués. Les organisateurs du festival de Goa ont les moyens mais ils cherchent des partenariats de plus en plus. Je pense que c’est l’occasion de faire valoir comme pays hôte avec une cinématographie comme en Algérie, de voir comment on pourrait  renforcer ces liens. Il faudrait peut-être monter une institution internationale pour que tous ces festivals veillent être à la page et aussi au créneau même moderne des technologies qui sont maintenant disponibles. Et faire revenir les gens dans les salles. Le festival de Goa est un exemple flagrant où les gens  viennent au cinéma ».

Amar Tribéche commissaire du Festival  Culturel National du film Amazigh de Tizi-Ouzou

«  J’ai été nommé par le ministre de la culture  Azzeddine Mihoubi commissaire du Festival Culturel National du film amazigh.  Je prends ce festival en route puisqu‘il y a eu certains appels qui ont été  déjà fait par l’ex-commissaire. Le festival du film amazigh se tient tous les ans à Tizi-Ouzou. Auparavant il était itinérant. C’est un festival un peu identitaire à partir du moment que Tamazigh est une  composante de l’identité nationale.  C’est un festival national qui j’espère deviendra international. Tizi-Ouzou est une ville où foisonne la culture. C’est une ville que je connais bien pour avoir  tourné déjà un  de mes feuilletons là bas. Je connais la ville et ses besoins en matière de culture. Ce festival j’en ai fait parti en temps que membre du jury deux fois. Je sais  ce que je vais faire dorénavant. Il y a beaucoup de  choses à faire  dont organisés des master-classes et des ciné-clubs.  Mes activités en tant que commissaire de ce festival  seront tout au long de l’année. Il y aura beaucoup d’invités dans le domaine cinématographique et  culturel ».

Ebauches de quelques  recommandations émises par certains intervenants concernant  l’édification cinématographique.

Le directeur artistique du Fespaco, François Akouabou Adianga  a proposé un programme attrayant.  Selon lui, à l’origine tous les festivals ont une vitrine de la programmation mais faire en sorte que tous les films sont de qualité et diversifiés dans le genre. Pour l’orateur, il faut que les jeunes aient des espaces pour s’exprimer au  niveau des festivals. Il faut aussi introduire des ateliers de formation sur les différents corps de métier et créer des développements de projet ou encore de laboratoire.  Il est impératif  de se pencher sur la mise en place d’un réseau de festival. Pour cette mise en réseau, il faut que la collaboration qui existe entre certains festivals soit mise à profit. Il faut aussi que les  festivals arrivent à faire la promotion des films. Pour Jean Asselmyer, les festivals sont des espaces de rencontres et d’échanges.   Le  Panorama du Cinéma Algérien a besoin de l’aide des structures du cinéma algérien pour pouvoir promouvoir cette culture. Le fait que Jean Asselmyer soit présent au Fica est un premier pas dans cette transversalité.

Pour Mohamed El-Keursi, c’est parce que  les ciné-clubs sont les prolongements des festivals qu’il est indéniable de relancer les ciné-clubs à travers tout le territoire national.

Le réalisateur et commissaire du festival  culturel amazigh Amar Tribéche, insiste, pour sa part,  sur l’instauration d’une politique de sponsoring en Algérie.

Enfin Georges Dupont propose de faire un recensement mondial des festivals qui existent afin d’établir une passerelle de collaboration assez formelle entre ces festivals.  En outre les cinémathèques ont un rôle à jouer .