Projections de films au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria 9 décembre 2022

Soutenir la dernière colonie du continent par une cinéma de résistance

Dénoncer les injustices, aborder le drame du déplacement forcé des populations, montrer les affres de la guerre et la folie de l’occupant…, tels sont les principaux objectifs des films projetés dans le focus « Cinéma, mémoire et résistance », ce mercredi 7 décembre 2022, au Palais de la culture Moufdi-Zakaria. Un programme marqué par la présentation du film du réalisateur algérien Rabah Slimani, « Wanibik, le peuple qui vit face à sa terre ».

Ce documentaire de 95 minutes restitue l’élaboration d’un projet de fin d’études porté par de jeunes sahraouis, étudiants de l’École de cinéma dans les camps de réfugiés à Tindouf. Cette œuvre oppose d’emblée une situation dramatique de colonisation et de déchirement à un projet cinématographique résistant et l’existence même de cette école dans un univers qui est loin de s’y prêter.

Le groupe d’étudiants va mener le réalisateur sur les traces du projet arrêté : montrer les exactions de l’occupant marocain dans la dernière colonie du continent africain, se focalisant sur le mur de la honte qui divise en deux les terres sahraouies. Le film va restituer par l’image et le témoignage les horreurs dont pourrait témoigner ce mur construit par l’occupant et qui compte à ses abords un nombre incalculable de mines antipersonnel qui ont coûté la vie à un grand nombre de Sahraouis. « Wanibik » sonde également le quotidien des femmes sahraouies, les exactions et intimidations dont elles sont victimes au quotidien en plus de montrer leur détermination infaillible à continuer la lutte pour leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance du joug colonial. Même s’il porte en lui une situation des plus absurdes, incompréhensible et dramatique d’un peuple qui « vit face à sa terre », la regardant tous les jours que Dieu fait sans pouvoir y retourner et s’y épanouir, ce documentaire affiche une note de détermination et de résilience qui devient presque positive au milieu d’un paysage de mort, défiguré par les débris de mines explosées portant chacune le nom d’un Sahraoui mort ou amputé. Un autre documentaire sur un ton de sensibilisation a également été projeté, « El precio de la belleza » (Le prix de la beauté) du jeune réalisateur sahraoui Ahmed Mohamed Lamine qui dénonce des standards de beauté importés qui défigurent depuis quelques années les femmes sahraouies.