Projection du film documentaire – « Corléone, le parrain des parrains » de Mosco Levi Boucault Retour sur la mafia sicilienne 10 novembre 2019

En ce deuxième jour, du 10 e Festival   international du festival du cinéma d’Alger, les nombreux cinéphiles, ont pu découvrir, à la salle Ibn-Zeydoun de Riadh El -Fteh, le film documentaire « Corléone, le parrain des parrains », réalisé par le  français Mosco Levi Boucault.

Produit au courant de l’année en cours, « Corléone le parrain des parrains » est un film documentaire troublant et déconcertant à la fois. En effet, en  l’espace de 146 minutes, le  potentiel cinéphile est transporté dans les méandres de la mafia sicilienne à travers le portrait du mafioso  de Salvador  Riina  alias Toto. Le film documentaire en question est structuré en deux parties distinctes, à savoir la  mafia par le sang et la chute.

Ce baron incontesté de la mafia, semait la terreur à Corléone. A 19ans, il est arrêté pour meurtre  à cause d’un duel avec un ami. Il est alors condamné à un an et quatre mois de prison mais il purgera la moitié de sa peine pour bonne conduite.  En 1963  alors qu’il est âgé de 33 ans, il est arrêté une deuxième fois. Après une  cabale qui aura duré plus de 24 ans,  Salvator Riina est capturé, en 1993 à Palerme en Sicile, suite à une dénonciation de ses paires. De 1977 à  1994, Toto était le chef suprême du clan de Corléone, une bourgade non loin de Palerme où il a régné sur la mafia sicilienne la Costa Nostra.

Des repentis – qui  ont collaboré étroitement avec  Toto- ont décidé  d’aider l’Etat italien en décrivant  la violence sanguinaire du maitre. Ils  témoignent face à la caméra, avec le corps enveloppé d’une combinaison, le visage cagoulé et les yeux cachés derrière de grosses lunettes noires. Certains portent même des gants en laine. Ils se livrent à des témoignages accablant  et monstrueux  sur les pratiques mafieuses de Toto. Un homme qui exterminait tous ceux qui se mettait en travers de son chemin. Le repenti Francesco Paolo Anzelzo confie qu’il a été intronisé dans les années 80, que son patron avait le pouvoir de la vie et de  la mort. Un autre repenti mentionne que l’organisation de la Costa Nostra est comme une école où tu apprends en deux minutes.  Prier à l’église donnait  aux gars de Toto, une conscience tranquille.

Le récit est  fragmenté entre des vas et vient entre les témoignages des commandos de la mort et de certains  responsables de l’appareil judiciaire, à l’image de  l’ex-procureur Giuseppe Ayala . Au fil du temps, Salvator  Riina se retrouve l’ennemi juré de sa propre mafia. Des règlements de compte meurtriers sont alors à l’honneur. L’enquête est rehaussée  par des images d’archives  d’assassinats perpétrés  à l’encontre  de certains  élément gênant du gang et sur  les juges Giovnni Falcone et Paolo Borsellino en 1992. Ces derniers ont fini par comprendre le fonctionnement de la  Cosa Nostra  en arrêtant plus de 400 personnes  et d’instruire un «  Maxi-Procés » qui s’est tenu  à Palerme 1986 à 1987. A  l’issue  de 650 jours d’audience  avec une plaidoirie de 200 avocats, le verdict a été donné après un mois en délibéré.   Salvador Riina fût condamné à perpuité avant de mourir le 17 novembre 2017 à Palerme.

En somme, le film documentaire «  Corléone, le parrain des parrains » a été élaboré sous la forme d’une enquête bien construite. Preuve en est avec la structure et la technique bien élaborées.