Projection du film « De nos frères blessés » de Hélier Cisterne au 11ème FICA 7 décembre 2022

Sacrifice pour une cause juste

Projeté lundi 5 décembre 2022 à la salle Ibn Zeydoun (Oref), le long métrage « De nos frères blessés » de Hélier Cisterne, a plongé le public présent dans l’histoire Fernand Iveton, un militant anticolonialiste et un grand défenseur de la cause algérienne. Il a été guillotiné en plein Guerre de libération nationale, pour servir d’exemple aux traîtres français qui s’opposent aux crimes du régime colonial et surtout qui soutiennent les Algériens dans leur révolution pour recouvrer leur indépendance et leur souveraineté.

Inspirée d’une histoire vraie et du roman éponyme de Joseph Andras paru en 2016, ce film aborde, sous un autre angle, le combat et le destin tragique de Fernand Iveton, un allié de l’Algérie qui a soutenu sa cause et qui a lutté pour son indépendance. Dans son film, le réalisateur a opté de mettre en avant l’aspect intime de Fernand Iveton. Une mise en abyme de la vie cet homme. Il a mis le projecteur sur sa vie privée, avec, en arrière-plan, la Révolution algérienne. Pour permettre au public de voir l’autre facette de cet homme engagé pour les causes justes. De voir également les sacrifices qu’il a consentis en épousant la cause algérienne.

Le14 novembre 1956, il dépose dans l’usine de gaz d’El Hamma de la compagnie Électricité et Gaz d’Algérie (EGA) où il travaille, une bombe artisanale, qui devait exploser après la fermeture et saboter juste le matériel, sans faire de victime. Cette dernière lui a été remise par le FLN, fabriquée par Taleb Abderrahmane et transportée par Jacqueline Guerroudj, épouse d’Abdelkader Guerroudj.

Cependant, tout est parti en vrille quand Fernand Iveton a été démasqué par un contremaître de l’usine, qui a découvert la bombe à cause du son de la minuterie. Ce dernier appelle la police française qui désamorce la bombe et arrête Iveton. Il sera torturé avec de l’électricité et de l’eau entre la période allant du 14 et le 17 novembre 1956, à la prison d’Alger où il purge sa peine. Il passera devant les juges au tribunal militaire qui le condamnera à mort. Son avocat, Joé Nordmann, plaidera la grâce, puisqu’il n’a tué personne. Une demande qui sera rejetée par René Coty, président de la République française durant cette période. Il sera condamné à mort et guillotiné le 11 février 1957 à 5h10 à la prison de Barberousse à Alger.

Absent, le réalisateur Hélier Cisterne, a adressé au public, après la projection, un message vidéo expliquant les raisons qui l’ont poussé à tourner son long métrage en lice au 11ème FICA. « Nous avons tourné entre la France et Alger. Nous avons eu la chance de filmer dans les quartiers dans les hauteurs et au centre-ville. Nous avons eu l’opportunité d’accéder à la prison Barberousse, un lieu historique et emblématique, si importante durant la Guerre de la Libération de l’Algérie et qui reste un symbole de cette révolution. Nous avons mis beaucoup d’amour dans ce travail qui a été tourné en 2018 » a-t-il confié.

Selon le réalisateur, ce film raconte « une histoire vraie de ce qu’on appelle la Guerre d’Algérie ou d’indépendance ou encore la Révolution ; elle a plusieurs noms. Pour nous, c’est tout d’abord une histoire d’engagement, d’une lutte pour un idéal de justice de liberté et de solidarité. C’est l’histoire de Fernand Iveton que nous avons écrite d’après le livre de Joseph Andras, mais aussi d’après les témoignages de beaucoup de gens en lien avec cette époque ». « De nos frères blessés » ne montre pas « une carte postale d’Alger ni de la guerre, mais c’est une œuvre intimiste, qui montre l’intimité d’un couple, et raconte le déchirement, la difficulté et la violence de s’engager pour cette cause » a-t-il expliqué.