Projection du film « 200 mètres » d’Ameen Nayfeh 12 décembre 2022

Au cœur des déchirures familiales de la Cisjordanie

Les cinéphiles du 11ème FICA ont assisté, vendredi 09 décembre 2022, à la salle Ibn Zeydoun (Oref) à la projection au film « 200 mètres » du réalisateur Ameen Nayfeh, dans le cadre de la compétition officielle de la catégorie long-métrage « fiction ». Un drame émouvant qui traite le calvaire du peuple palestinien en Cisjordanie et ses laborieuses et périlleuse traversées du mur israélien.

Avec un taux de chômage très élevé, les cisjordaniens font d’énormes queues pour obtenir un permis de travail et poireautent des heures aux points de passage du mur avant de pouvoir passer de l’autre côté. Cette souffrance quotidienne, vécue par des centaines de milliers de Palestiniens, a été portée à l’écran avec beaucoup d’émotion à travers l’histoire de Mustapha, père de trois enfants, qui refuse la nationalité israélienne et préfère vivre à proximité du mur avec sa mère, tandis que sa femme Salwa et les enfants vivent de l’autre côté du mur de la honte. Il invente un jeu avec ses enfants, à la fois triste et amusant, consistant à se retrouver à la terrasse chaque nuit pour leur faire signe en jeu de lumière. La distance de 200 mètres qui sépare Mustapha de sa famille, d’où le titre du film, illustre le dialogue de sourd entre Palestiniens et Israéliens.

Et puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, l’expiration de son permis de travail coïncide avec l’accident de son fils. Mustapha paye les services d’un passeur clandestin pour pouvoir arriver avant l’intervention chirurgicale de son fils. En compagnie du jeune Rami de 18 ans, de Kifah et sa compagne Anne qui se fait passer pour une cinéaste allemande, ils effectuent un long périple, au péril de leur vie, où chacun est poussé dans ses retranchement face à une injustice et une oppression sioniste sans merci. A partir de là, le spectateur en emporté dans un road-movie émouvant où les destins des clandestins se heurtent à la recherche de réponses aux questions existentielles que chacun se pose depuis fort longtemps. La tension monte avant le passage de chaque checkpoint, ô combien nombreux et inopinés, sur la route de tous les paradoxes. Mustapha parvient à élucider l’énigme de la présence d’Anne une israélienne qui essaye de comprendre ce conflit.