Projection du documentaire « Los Zuluagas » de Flavia Montini. 9 décembre 2022

Le récit d’un renoncement à la guerre   

Premier film documentaire de la réalisatrice italienne Flavia Montini, « Los Zuluagas », a été projeté en compétition officielle du 11ème FICA, mercredi 7 décembre 2022, à la salle Ibn Zeydoun (Oref). Il met en scène une partie de l’histoire contemporaine colombienne vécue, dans les années 1980 et 1990, par la famille d’un important commandant guérillero. Construit comme un témoignage, le spectateur suit à travers des vidéos et photos de famille, l’enfance puis l’adolescence de Camilo Zuluaga Tordecilla, fils de Bernardo Gutiérrez Zuluaga, commandant de l’EPL (Ejército Popular de Liberación – Armée populaire de libération) jusqu’à sa « dissolution » et son « abandon de la lutte armée » au début des années 1990. Le film, raconté de bout en bout par Camilo Zuluaga, revient sur le sort réservé à sa famille après ce « choix » de la paix – les représailles et l’enlèvement de sa mère, l’exil en Italie – mais aussi sur les questions restées sans réponse à la mort du père en 2008.

C’est une histoire difficile et tragique que Flavie Montini et Camilo Zuluaga ont mis en image après 5 ans de travail « Camilo m’avais dit que le film est pour lui comme une sorte de thérapie », a-t-elle confié. « Los Zuluagas » partage des moments parfois « banales » d’une enfance dans un contexte de la guerre, mais aborde surtout les conséquences du « choix » inattendu de son père Bernardo Gutiérrez Zuluaga, lorsqu’il entamera en 1989 des négociations de paix avec le gouvernement. Ce film est avant tout un documentaire sur le traumatisme vécu par la famille de Camilo, conséquence du père : l’enlèvement de son épouse et de nouvelles menaces mettant en péril la sécurité après l’élection de Bernardo Gutiérrez Zuluaga au poste de sénateur. Toute la famille sera contrainte à l’exil en Europe : en Hollande puis en Italie, ou l’ancien guérillero deviendra diplomate et représentant de la Colombie à la FAO.

Avant sa mort, Bernardo Gutiérrez Zuluaga laissera, avant sa mort en 2008, plusieurs dizaines de documents vidéo. Un testament » qui a rendu le film possible. « Un ami m’avait présenté à Camilo, c’est comme cela que j’ai découvert cette histoire que je ne connaissais pas (…) je ne savais pas qu’il avait toutes ces archives, une énorme boite de vidéos, que lui et sa famille, ont par la suite données aux archives (…) c’est un véritable cadeau qu’il font aux réalisateurs »., explique la réalisatrice.   

« Los Zuluagas » c’est également un moyen d’entretenir le souvenir des victimes de la violence politique en Colombie, ayant fiat plus de 120000 personnes entre 1965 et 1996.