Projection du documentaire « Lettre à Inger » de Maria Lucia Castrillon. 10 novembre 2019

Aux sources du cinéma politique.

Film documentaire abordant la carrière, la personnalité et plus encore les combats de Madame Inger Servolin, l’une des premières femmes productrices de documentaire politique, d’œuvres revendiquant fièrement leur engagement en faveur de la cause ouvrière, des luttes de décolonisation mais aussi pour un « monde plus juste ». « Lettre à Inger » de la réalisatrice Maria Lucia Castrillon, retenu parmi les huit documentaires de la ‘’compétition documentaire’’ de cette 10e édition du Festival International du Cinéma d’Alger, a été présenté samedi. Le sujet, passionnant, mêlant l’Histoire à un parcours personnel, nous plonge dans plusieurs époques et étapes de la vie de Madame Servolin, sa naissance et son enfance à Oslo, la disparition de son père puis encore son passage à l’âge adulte avec un premier emploi dans le milieu du commerce international. Une expérience qui, dans le contexte des manifestations de mai 1968, puis encore avec sa rencontre avec le cinéaste Chris Marker, sera à l’origine de son engagement dans le ‘’cinéma politique’’ et de la naissance de la coopérative SLON (Société pour le lancement des œuvres nouvelles).

Productrice qui sera ainsi derrière la mise en avant de causes aussi variées que la révolution au Chili et l’enterrement de Pablo Neruda quelques jours après le coup d’état, la guerre du Vietnam, ou encore les luttes ouvrières en donnant le plus souvent la camera à des travailleurs d’usine pour documenter leur quotidien… la question du Sahara Occidental et plus précisément le tournage en 1991 du documentaire « Goulili, dis-moi, ma sœur » sera quant à elle à l’origine de la rencontre avec la réalisatrice Maria Lucia Castrillon. La présentation du film « Lette à Inger » à Alger aura été marquée par la présence de la réalisatrice et de Madame Inger Servolin qui ont toutes deux accordé des entretiens au FICA.