Projection du documentaire « Catwalk » de Johan Skog 12 décembre 2022

Dépassement de soi malgré un handicap

Huitième et dernier documentaire à être présenté dans la cadre de la compétition du 11ème Festival International du Cinéma d’Alger, la projection, jeudi 9 décembre 2022, à la salle Ibn, Zeydoun (Oref), du film « Catwalk » du Suédois Johan Skog, a offert au public 95 minutes d’humanité, de solidarité et d’espoir. Ce documentaire qui traite d’un sujet difficile, le handicap, réussit pourtant, grâce au naturel et à la spontanéité des cinq personnages, à captiver les spectateurs jusqu’à la réalisation du « rêve » d’Emma et de ses amis : défiler sur les podiums de New York. C’est également l’occasion de saluer le travail de Pär Johansson et du théâtre « Glada Hudik » qui œuvre, depuis 1996, à faire évoluer la vision de la société sur le handicap mental.

Le point de départ de « Catwalk » est une simple lettre d’Emma Örtlund adressée à Pär Johansson. La jeune femme, souffrant de crises d’épilepsie depuis son enfance, demande de l’aide au fondateur du théâtre « Glada Hudik » pour réaliser son rêve : devenir mannequin et avoir l’opportunité de « briller ». Associée à quatre autres personnes : Ida, Kitty, Nicklas et Alexander, qui souffrent de trisomie ou de manque de mobilité, Pär Johansson se fixe l’objectif de faire défiler le groupe pour la semaine de la mode de New York.

Le film s’ouvre sur le témoignage poignant du fondateur du théâtre « Glada Hudik » quant à sa réaction à la demande d’Emma Örtlund qui a contacté le réalisateur Johan Skog qui a confié, à l’issue de la projection : « Pär Johansson est venu me voir avec la lettre d’Emma et m’a dit faisons du mieux possible, un documentaire pourrait financer cet énorme projet.

« Catwalk » est documentaire touchant, sincère. Durant six mois, il suit le groupe dans sa préparation. Une période marquée par le renforcement des liens, le dépassement des peurs, de soi. Le film est un véritable plaidoyer pour une prise en charge meilleure et digne des personnes handicapées dans le monde.

A l’exception de quelques scènes, planifiées pour l’emplacement des caméras, le film reste « entièrement du documentaire, les réactions, les faits sont réels, ce n’est pas de la fiction (…) le défilé à New York était réel aussi, il a été une véritable réussite », a déclaré le réalisateur lors du débat. Et d’ajouter, ému de la présence du public dans la salle : « J’aurais aimé qu’ils, (Emma, Ida, Kitty, Nicklas et Alexander) soient là avec moi. Ils sont devenus très proches, ils m’ont appris à être humain. Ce sont des personnes extraordinaires, ils regardent le monde sans préjugé. »