projection de « Mélancolie Ouvrière » de Gérard Mordillat : Lutte contre la servitude des femmes 4 décembre 2018

Mélancolie ouvrière est une fiction historique adaptée de l’essai de Michelle Perrot. Ce long métrage a été projeté lundi dans le cadre des films en compétition au Fica. Il raconte l’histoire d’une femme à savoir Lucie Baud  qui était  l’une des premières syndicalistes françaises qui, en 1905 et 1906, mena les grandes grèves dans les filatures de tissage de la soie à Vizille et Voiron. Cette femme qui crève l’écran est  incarné à par l’actrice française Virginie Ledoyen. Son engagement et son féminisme qui ne dit pas son nom, doublé de son rôle de mère et de femme amoureuse sont très bien rendus dans ce film. Bien que  la mise en scène tangue vers la  théâtralité beaucoup plus et le côté romanesque, « Mélancolie Ouvrière »  parvient à capter l’attention du spectateur par son lyrisme évident. L’interprétation des acteurs est d’une haute facture d’autant que l’on distingue au niveau du casting des acteurs comme Philippe Torreton et  François Cluzet, deux sommités du cinéma français mais aussi du 4eme art. Un film phare enfin sur une femme pas comme les autres du début du 20 eme siècle qui a sacrifié sa vie pour lutter contre « l’infinie servitude des femmes » à tout les étages.

Impressions

Jean Asselmyear cinéaste et directeur artistique du Festival Panorama du cinéma Algérien à Nimes

« Ce qui triomphe dans le film c’est l’espoir »

J’ai choisi de revoir ce film que j’ai déjà vu sur Arte par ce qu’il m’interpelle par ce que c’est un travail  très sobre de Gérard Mordillat qu’on connait  par ailleurs pour ses travaux. C’est un film  véhicule  une note d’espoir à partir d’une histoire vraie. J’aime beaucoup l’interprétation de Virginie Ledoyen . Je regrette qu’il n y ait pas de débat par ce que la réaction du public Algérien m’intéresse par rapport à cette thématique qui n’est pas facile et pas dans l’air du temps. Ce film se termine sur une note d’espoir et c’est ce que je retiens.  Si l’on regarde bien le générique de fin, l’on voit bien que le personnage principal qui est inspiré d’une personne réelle a survécu  sept années après sa tentative de suicide et qu’elle a eu la force de rédiger ses mémoires. Ce qui triomphe  c’est l’espoir. Ce film est basé sur un travail d’une  chercheuse historienne connue par le public français du moins par les gens qui s’intéressant  à l’histoire. Michèle Perrot  a travaillé sur la vie difficile et passionnante  de cette femme qu’était Lucie baud.

Mohamed Bensaleh professeur de cinéma à  Oran

« Un film sur le passé mais ancré dans le présent »

C’est un film  qui nous a émus, de par son contenu, surtout qu’il remet au goût  des jours les luttes qu’il a fallu non seulement, pour les femmes, mais aussi pour les hommes  pour qu’un jour, les gens puissent arriver à travailler huit heures par jours. Pour la génération d’aujourd’hui, ca parait quelque chose d’évident et normal mais quand on voit, quel a été le cheminement, pour arriver à cela, pour avoir un syndicat et le  désespoir qu’a connu cette personne puisque c’est une autobiographie et bien, on se dit que ce n’était pas évident.   Ce film parle d’une réalité. Je trouve qu’il est bien mené, bine construit. Progressivement cette femme qui n’était pas militante  s’imprègne de cet  engagement sérieusement  jusqu’à faire le vide autour d’elle et notamment ses filles, jusqu’à arriver au désespoir. C’est un film où l’on voit aussi  se dérouler la manipulation que ce soit  de l’église ou  du pouvoir politique, manipulation qui a existé de tout temps. On voit comment les gens de l’église  se référent à dieu. On en est encore là avec l’islamisme etc. C’est un film qui parle non seulement du passé mais en étant très actuel, il est aussi  ancré dans le présent.