Projection de films du focus « Femmes » du 11ème FICA 10 décembre 2022

Le cinéma pour faire entendre leur voix

Le focus « Femmes » a été l’occasion de discuter de la condition de la femme dans différentes sociétés en Afrique et dans le monde arabe, et ce à travers le cinéma. En en effet, l’histoire du septième art a été marqué, et l’est toujours, par la présence féminine. Une tribune qui a donné une grande visibilité aux professionnelles et aux causes qu’elles portent.

Ce focus montre également l’apport de l’émergence de nombreuses femmes dans les métiers du cinéma qui ont relevé et exprimé la condition de la femme dans le documentaire particulièrement, un registre qui s’impose de lui-même, mais aussi par la fiction.

L’après-midi du jeudi 8 décembre 2022 a été marqué par la projection de films entre longs et courts et entre documentaire et fiction.

L’occasion également d’exposer les expériences personnelles de plusieurs réalisatrices, algériennes et étrangères, abordant diverses problématiques portées au cinéma.

Le cinéma une catharsis de la violence…

« La sœur de quelqu’un » de la réalisatrice Kady Taroré aborde le sujet de la violence faite aux femmes. La réalisatrice a elle-même subi cette violence par son ex-mari. A travers ce film, elle est en quête de paix et réconciliation. Elle veut se parler, et surtout s’entendre car dans la société où elle évolue, elle ne doit aucunement se plaindre. La réalisatrice considère ce film, dans son expression cinématographique, comme une sorte de thérapie aide déjà à se parler à soi-même.

Parler du drame c’est aussi le parti pris du réalisateur Bella Attia dans son film « Fella ». Il brise le silence des femmes victimes de viol. Son film dénonce ce que les femmes, victimes de viol, subissent en silence. Une violence à double niveau : physique (celle du viol) et celle mentale (le regard de la société). Elles sont en même temps victimes et coupables. Un poids qu’elles n’arrivent pas à supporter car elles doivent, pour la plupart, taire cette violence pour éviter d’être pointées du doigts.

Toujours dans le registre des violences faites aux femmes, la jeune réalisatrice Ludmila Akkache dresse, dans son film « Usure » le portrait d’une militante féministe qui œuvre dans l’accompagnement des victimes de violences. Dans son film, elle donne la parole aux victimes sans les montrer et ce, à travers les nombreux messages et autres appels téléphoniques que reçoit cette militante. Ce film retrace également son quotidien qui n’est pas de tout repos. Idem pour le travail qu’elle effectue nécessitant patience, écoute.

Cinéma et mémoire…

Dans un autre registre, la cinéaste Dina Amin propose, dans « Vine Leaves » le portrait de sa grand-mère, syrienne, qui s’est installée à El-Qods après son mariage, et qui, malgré le bonheur de vivre entourée de ses enfants et nombreux petits-enfants, se retrouve coupée des siens en Syrie. Ce film est aussi un prétexte pour rappeler la résistance quotidienne des Palestiniens face à l’occupant.

Le documentaire à succès « Leur Algérie » de Lina Soualem dresse le portrait poignant d’un couple d’immigrés octogénaires qui décide de se séparer après avoir perdu goût à la vie, car rongé par une vie perdue en Algérie qu’ils ne connaîtront jamais.

Enfin, le dernier film de ce focus « À Mansourah, tu nous as séparés » de Dorothée-Myriam Kellou, est une quête de vérité sur des faits déroulés pendant la colonisation française dans un village algérien. C’est le village natal de son père, devenu un camp de regroupement créé par l’armée française pour combattre le FLN. A travers son film, la réalisatrice effectue un retour dans le passé pour comprendre la violence que son père et par la même tous les Algériens ont subi. Elle veut découvrir et comprendre une mémoire qui a été « sans précédent dans les bouleversements causés ç l’Algérie rurale durant la colonisation et la guerre de libération nationale ».