Paula Palacios auteur, « La promesse que Halimo ne pourra pas tenir » : « On a oublié les somaliens… » 4 décembre 2017

La première année où Halimo  est arrivée en Autriche, les autorités autrichienne ne savait pas trop quoi faire d’elle car son mari avait dit qu’elle venait du Kenya mais elle a fini par prouver qu’elle était somalienne et a enfin obtenu ses papiers en tant que réfugiée. Son mari l’a bondonné. Il est en Afrique du sud. Lui aussi il a abandonné ses deux filles. . Il  a refait sa vie. L’histoire de la lettre n’était pas dans le scénario. C’est elle qui l’a proposé au début.  Ça me paraissait bien.

Elle voulait écrire et s’exprimer  en somalien. Car elle n’allait pas écrire pour ses filles  en anglais même si elle parle bien cette langue. Pour les images, mon jeune frère qui est photographe était parti en Grèce au début. Lui, fait des images arrêtés et moi des images vidéos.  Depuis longtemps je voulais faire un mélange de photos et de vidéos  c’est seulement quand Halimo m’a raconté tout son parcours  que nous somme partis voir dans sa caméra et comme il l’avait mise sur pause pendant longtemps,  il  y avait  l’arrivée du bateau. En Iran c’est moi qui ai pris les photos par ce que je suis allée plusieurs fois, tout comme les photos de la Turquie  mais le reste des pays qu’elle a traversé avant la Grèce nous les avons pas.  Mais après, si,  car on avait toutes ces images. Je ne voulais pas faire  un film vidéo où l’on  insère tout d’un coup des photos.  Avant le tournage, j’ai eu la chance de réfléchir à tout ça .Car je me suis dit que cela va nous permettre de rester plus longtemps sur elle. Elle est très jolie et rend bien à l’image.  Les zooms se sont des moments que j’ai voulu  soulever. Ils ont été pris au même temps par   l’opérateur caméra et le photographe  avec différents angles. Cela fait depuis 2011 que je travaille sur les réfugiés. Je suis pour info, comme on dit, une citoyenne du monde, mon père qui était médecin sans frontière me prenait avec lui partout. J’ai eu la chance en tant qu’européenne de beaucoup voyager. J’ai vécu en Ukraine, en Tanzanie, en Irlande  etc  et j’ai eu cette liberté grâce à mon passeport de voyager beaucoup et sans visa.  Il ya de la culpabilité dans les pays occidentaux ; aujourd’hui,   on ne parle plus de refuge mais de migrant. On parle de ce qui se passe en Syrie, en Irak mais plus de la Somalie. Je trouve hallucinant  qu’on ferme les frontières pour les gens. C’est un sujet inné en moi. Je suis choqué de voir comment les réfugiés s’informent énormément  de la géopolitique, chose qui parfois n’existe pas chez certaines personnes cultivées pourtant en Europe par ce qu’ils sont obligés de connaitre les routes par lesquels ils doivent passer les frontières.  Je prépare depuis sept ans un film de fiction sur un jeune somalien   de cet acabit. Il avait 13 ans quand il était en Ukraine ; Il a pu aller au Usa légalement. Aujourd’hui il a 21 ans sauf qu’aujourd’hui il ya Donald Trump qui a instruit cette loi avec cette liste de pays fichés dont la Somalie. Il veut aller voir sa famille au Kenya mais il risque de ne plus pouvoir retourner aux USA.  C’est mon prochain gros film. Et moi c’est quelque chose qui m’a toujours touché et surpris comment ces refugiés savent tout pour pouvoir bouger quand on me questionne sur des choses bien précise et que moi-même je ne sais pas. Les refugiés sont des gens très intelligents.