Olivier Lorelle, cinéaste français « Le FICA est une ode à la liberté » 2 décembre 2017

Auteur de plusieurs scénarios à succès, comment vous êtes passé de l’écriture de scénario a la réalisation ?

Autant que scénariste, je maitrisais l’écriture de l’ensemble du film à travers les mots, passer à la réalisation c’est trouver cette liberté de pouvoir bouger les choses sans pour autant rester dépendant du scénario. Réaliser c’est suivre les idées qui viennent sur le moment, et faire parler l’image.

Une historie d’amour est le fil conducteur du film, comment le choix de la guerre d’Indochine s’est imposé comme unité de lieu ?

Je voulais faire une histoire d’amour dans des conditions qui rendent cet amour difficile. Je voulais voir qu’est ce que c’est que l’amour, et comment il pourrait résister dans les conditions les plus extrêmes. J’ai cherché une guerre, et celle de l’Indochine m’a plu, les péripéties du film se déroulent au début de la guerre, les français étaient complètement perdus dans la jungle au Vietnam, et c’est un soldat français qui tombe amoureux d’une fille vietnamienne parce qu’il admire son courage, elle va être torturée, et elle arrive à lire avant d’être torturée, je voulais vraiment une histoire d’amour, d’une part et d’autres, je n’ai pas pu imaginer cette histoire en Algérie, car j’ai mis en exergue la nature de la jungle du Vietnam.

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Sans aucune raison particulière, ça n’as pas vraiment une relation avec l’histoire, même si la guerre était autour d’un idéal communiste, c’est le rouge de la passion aussi, dans le beau ciel vietnamien, il y a la contemplation, c’est un film très contemplatif, il y a également une connotation poétique dans le titre que j’espère avoir transmis à travers l’image.

Qu’en pensez-vous du FICA, un festival dédié au film engagé à l’aune de la dominance du cinéma commercial ?

Je trouve ça merveilleux, c’est formidable de voir un festival dédié au film engagé, c’est une manière de dire non à la soumission de la tyrannie du commerce cinématographique. Ces films veulent dire quelques choses, ils se révoltent. Il y a une variété des films proposés car l’engagement est très vaste, ce festival est une ode à la liberté.