« Les anonymes » de Mutiganda Wa Nkunda 6 décembre 2022

« Des propos crus, réalistes »

La journée du lundi 4 décembre 2022 a été marquée par la projection, à la salle Ibn Zeydoun (Riad-el-Feth), dans le cadre du Festival International du Cinéma d’Alger, du long-métrage fiction « Les anonymes », réalisé par le Rwandais Mutiganda Wa Nkunda.

Le film raconte l’histoire d’un jeune couple, Cathy et Philibert, qui, avec leur enfant, tente par tous les moyens de survivre. Leur vie difficile fait croître tension et désespoir entre eux jusqu’à aboutir à une fin tragique, alors qu’ils s’entendaient très bien et étaient fou amoureux l’un de l’autre. La pauvreté les pousse à l’extrême.

A bout de nerfs, le mari, un agent de sécurité de profession, bat violement sa femme avec sa matraque jusqu’à la tuer. La cause de cette explosion de violence est l’argent : Cathy a dépensé l’argent du loyer pour acheter du lait en poudre pour son bébé…

A l’issue de la projection, le jeune réalisateur Mutiganda Wa Nkunda a déclaré que « l’histoire traitée dans le film s’inspire de faits réels ». Ajoutant : « D’autant plus, c’est une histoire personnelle. C’est l’histoire d’un ami qui a tué sa femme pour les mêmes raisons citées dans le film. Son histoire m’a touchée, elle m’a inspiré. J’ai jugé intéressant de la transposée à l’écran. »

« Au Rwanda, il y a beaucoup de ce genre d’histoire », a-t-il renchéri. Et de confier : « L’histoire de Cathy et de Philibert pourrait arriver à n’importe qui. Elle raconte le vécu de tous ceux qui ne sont rien, qui ne sont pas pris en considération parce qu’ils n’ont pas d’argent. »

Mutiganda Wa Nkunda a souligné que « le film, cru, réaliste, s’est fait avec très peu de moyens, le tournage, quant à lui, a duré 9 jours. J’ai commencé sa réalisation le jour de mon anniversaire, je voulais mon cadeau d’anniversaire », confie-t-il.

A noter que « Les Anonymes » a été tourné sans acteurs professionnels – Yves Kijyana (Philibert) et Colombe Mukeshimana (Cathy), des amis du réalisateur, se sont prêtés au jeu avec un talent confondant de naturel. L’effet de réel est encore plus saisissant. Sur le plan technique et esthétique, il illustre la persévérance du réalisateur.

« J’aurai pu narrer l’histoire au format court, mais elle est si importante que j’ai décidé d’en faire un long-métrage. C’est aussi pour m’essayer à ce type de format avec des propos réalistes. C’est un défi que je me suis lancé et que j’ai relevé », a-t-il dit.