Laurence Attali , productrice française mais sénégalaise d’adoption : 4 décembre 2017

« On s’est trouvé devant le cas où des universitaires qui étaient d’accord avec la pensée de Cheikh Anta Diop, mais qui ne voulait pas participer au débat pour ne pas le dire publiquement. Pour eux, l’université a déjà clos le débat. Ils ne veulent pas rouvrir ce débat. Comme quoi on ne veut pas perdre notre poste.

Donc, il y a ceux qui sont pour mais qui n’ont pas envie de remettre Cheikh Anta Diop sur la place publique. Il se trouve que ce film circule beaucoup et même dans le milieu universitaire, non seulement en Afrique mais aussi aux Etats-Unis et en Europe. Et ça c’est une revanche parce que comme Cheikh Anta Diop n’a pas pu enseigner à l’université – parce qu’il a été empêché considérant sa parole comme subversive. Cheikh Anta Diop revient donc à l’université par ce film. Beaucoup de monde cherchent ses livres et demandent s’ils sont traduits dans telle ou telle autre langue.

Pour ce film, on a déjà la traduction arabe. Outre la version française et anglaise, on en a une en portugais et en espagnole. On est en train de faire une version wolof et une autre en swahili. On est dans la fabrication technique de toutes ces langues. »

 

Propos recueillis par Yacine Idjer