« La Miséricorde de la jungle » de Joël Karekezi a ému le public. 10 novembre 2019

 Programmé pour le 2e jour de compétition du FICA, ce long métrage évoque de façon cruciale la notion de  clémence dans les périodes de guerre.

 La salle Ibn Zeydoun a accueilli vendredi soir dans le cadre de la dixième édition du festival  du cinéma d’Alger, dédié au film engagé, un très beau film ayant reçu cette année l’Etalon d’or de Yennenga au Fespaco 2019 (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou).

Il s’agit de « The Mercy of the Jungle3 » ( La Miséricorde de la jungle) un film franco-belge de Joël Karekezi sorti en 2018 ayant été largement  salué par la critique surtout au Burkina où il avait été salué. Ce fut le cas ce vendredi auprès du public algérois qui s’est senti bien proche du sujet.

Un film qui évoque le pardon et quel pardon ! L’histoire se passe En 1998, au début de la Deuxième guerre du Congo, deux soldats de l’armée régulière congolaise sont séparés de leur bataillon dans les montagnes du Sud-Kivu à la suite d’une offensive sur Kalemie. Le sergent Xavier, vétéran rwandais, et le soldat Faustin, paysan des hauts-plateaux orphelin de guerre, se retrouvent alors encerclés par les rebelles qui envahissent le pays en progressant vers l’ouest. Ils vont alors devoir s’aider mutuellement pour rejoindre leurs troupes à travers les montagnes et la jungle du Kivu jusqu’au Kasaï. Ayant réussi à rejoindre leurs troupes à Kabinda, ils vont se retrouver séparés…Dans cette jungle, troisième personnage principal dans ce film, la nature est donnée à voir comme quelque chose à la fois de dominant et hostile, à travers lequel les deux protagonistes sont amenés à  confronter  leurs propres démon surtout en fuyant l’ennemi et tenter à survivre malgré tout.

Le film  pose la question de la responsabilité mais aussi celle de la culpabilité mais de façon sereine. De la violence aussi qui est remise en question. Il est bon à noter que La Miséricorde de Dieu est le second film du jeune réalisateur qui a déjà abordé la notion du pardon dans son premier film «  Imbabazi, le pardon ». Pour lui,  la vengeance ne sert  à rien et ne peut entrainer qu’aux malheurs d’un pays. La miséricorde de Dieu est un film puissant  et d’autant plus fort qu’il soit réalisé par un jeune homme qui sait très bien que ce  signifie le mot « Mort » car l’ayant vu de ses propres yeux. En, effet, il n’a que 8 ans, en 1994, lors du génocide au Rwanda.  Joël Karekezi assiste au massacre de son père. Seule arme pour  refuge, fut donc le cinéma pour témoigner, des années plus tard,  des atrocités de cette guerre civile qui a fait des milliers de morts.  Sortir ainsi de ce silence qui fait grandir un enfant très tôt après cela. Un film courageux de surcroit  qui invoque en chacun de nous le devoir de survie mais  en appelle à l’amour de la vie avant tout.