Khaled Youcef-réalisateur égyptien « Mon film Karma pousse à l’acceptation de la différence ». 15 novembre 2019

 Quel est votre ressenti à la suite de la projection  pour la deuxième fois en Algérie de votre long-métrage « Karma » au 10 festival international du cinéma d’Alger ?

Je ne peux  être que fier de voir mon long métrage «  Karma » projeté une deuxième fois à Alger dans le cadre du Fica. Il été, projeté une première fois,  lors du festival du cinéma d’Oran.  Ceci étant, je  suis ravi que le public algérien puisse découvrir la trame de mon film.  Pour ceux qui ont raté cette projection au Fica, je les informe que mon film sera programmé, prochainement, dans certaines salles  de cinéma en Algérie. Je dois signaler qu’une relation fraternelle et amicale me lie à votre pays.

Les  deux personnages principaux de votre film sont diamétralement opposés mais  plaqués au final  d’une confusion ?

Le  premier personnage principal est un jeune chrétien pauvre  et  le deuxième personnage est un  musulman riche. A bien voir, il s’agit de la même  personne.  Cependant jusqu’à la fin du film, on ne peut pas savoir si c’est un ou deux personnages à la fois. C’est toute une philosophie qui s’opère. Si l’être humain est la perle de l’univers, il n’en demeure pas moins que c’est lui qui  crée les différences et  les entraves.

« Karma »  reste un film  qui  prône aussi la paix et la tolérance ?

Mon film revient sur le malaise hum ain et sur les différences  entre les personnalités.  La finalité, c’est que la personne est la personne.  Je pense que mon film « Karma » nous donne différents éclairages sur l’humain. Chaque personne peut s’immiscer dans la vie de l’autre  tout en tenant comptant des différences sur le plan religieux, social, financier et ethnique.   Mon dernier long-métrage pose, aussi, une série de questions  importantes  dont celle si le karma contrôle réellement nos vies.  Il faut savoir que le dictionnaire définit le karma comme étant un principe de l’hindouisme, voulant que la vie des hommes dépende de leurs actes et vies passés. Les différences de genres, des races, des religions, de la couleur de la peau et les différentes  couches sociales peuvent contribuer à une vie meilleure, au lieu d’occasionner du sang et des guerres.

Vous dénoncer, également,  en filigrane l’extrémisme religieux ?

C’est un fait. De tout temps, j’ai dénoncé l’obscurantisme et « l’extrémisme religieux » qui ronge  mon pays. C’est un combat pour moi que de défendre les libertés individuelles et de prôner la paix, la tolérance  et le vivre ensemble.

Comment a été accueilli votre  film en Egypte après  la levée d’interdiction par l’administration  centrale de contrôle des œuvres audiovisuelles ?

Je dirai que l’accueil des cinéphiles égyptiens  a été des plus encourageants et satisfaisants à la fois. C’est grâce  à la pétition lancée par un groupe de cinéastes et d’intellectuels égyptiens ainsi  que la société civile que le visa d’exploitation de mon film a été restitué l’année dernière. Il a été, aussi, bien  accueilli en Egypte par les critiques, les hommes de religions et l’Etat.  Il est important  de signaler qu’il a été projeté en Algérie, au Maroc, en Jordanie et à Dubaï. Il a remporté en mars dernier, le  prix de  l’Étalon d’argent  au Fespaco.

On croit savoir que vous avez un projet qui vous tient à cœur : Celui de  venir en tourner en Algérie  une partie de  votre film «  El- Andalous » ?

Il est tout à fait juste que je suis sur le  projet d’un film intitulé « El-Andalous ». La narration se situera dans le courant du 16 eme siècle. J’essayerai de démontrer  ce cosmopolite, composé de diverses populations aux origines et croyances multiples. Le film sera tourné entre l’Algérie, le Maroc et l’Espagne. De même des comédiens étrangers à la réputation  bien assise seront de la partie. Il s’agira d’une coproduction avec plusieurs partenaires.