Karim Moussaoui Réalisateur de « En attendant les hirondelles » 4 décembre 2017

« Mon film n’est peut être pas engagé, mais parle de l’engagement… »

Vous participez au Festival International du film engagé avec votre long métrage fiction intitulé « En attendant les hirondelles » qui compte trois histoires, trois personnages centraux qui sont amenés à prendre des décisions. Tout d’abord pourquoi  ce film ?

J’avais envie de raconter des histoires avec des personnages face à des situations où chacun doit faire des choix. Sur le plan de la narration j’aime bien tout ce qui  est incarné et je me suis dit : si je le faisais seulement avec une seule histoire ca ne suffira pas. Il faut que je donne plusieurs exemples de l’endroit du blocage qui m’intéresse. Je me suis dit aussi, si jamais je fais le lien entre  trois générations, trois endroits différents, trois plans géographiques et trois couches sociales différentes  on aura l’impression qu’on traverse un pays.  Et raconter l’histoire d’un pays  actuellement.

Vous êtes dans un festival du film engagé. En quoi votre film serait engagé ?

Peut être que mon film n’est pas engagé mais, il parle de l’engagement.  C’est l’endroit où l’engagement individuel doit se produire, c’est-à-dire qu’on n’est pas dans un discours politique,  mais plutôt dans une incarnation d’individus qui sont amenés à  s’engager,  peut être, sur un autre  chemin, ou  dans une cause, un lieu  où ils jugent que c’est nécessaire de le faire.

 Certains disent que c’est la suite de « les Jour d’avant ».Est ce vrai ?

Non ce n’est pas la suite. La deuxième histoire de « En attendant les hirondelles » peut ressembler un peu  au moyen métrage « les jours d’avant »  par ce qu’il y a quelques éléments qui sont similaires  dont l’impossibilité de continuer ensemble, l’impossibilité de s’aimer, ça parle de jeunesse, avec le même acteur Mehdi Ramdani,  mais  non ! Ce n’est pas la continuité.  Pas du tout.

Le film vient de sortir en France. Ca fait quoi toute cette effervescence qui a entouré sa sortie depuis sa participation au festival de Cannes ?

Je suis content déjà que le film soit sorti en France par ce que c’est un film qui parle de l’Algérie. C’est un film qui parle de nous, qui montre des images d’ici. J’ai eu le plaisir d’entendre quelques personnes qui me disaient après avoir vu le film : « j’ai envie de l’Algérie ».  Ce que j’avais envie en faisant ce film, c’est de parler  de mon pays et montrer cette complexité là, cette diversité des choses  qui se passaient ici, le fait que l’Algérie est un territoire vivant  où des choses se passent.  Le film sortira au mois de janvier dans les salles de l’ONCI, à Alger, Constantine, Oran et peut être  Saida. ca va permette peut être à d’autres publics  dans d’autres coins de l’Algérie  de le voir

Cela fait quoi enfin de  le voir projeté dans un festival algérien dédié du film engagé ?

Je suis très content. Par ce qu’il faut saluer déjà tout les festivals qui existent,  notamment celui là. Ils nous permettent  de voir d’autres films, en attendant la réouverture des salles, que d’autres distributeurs nous ramènent  d’autres films  et puis en attendant  de voir d’autres productions algériennes se faire et être montrées.