« Il a plu » de Youcef Mehses 5 décembre 2017

Un poétique court-métrage sur base de coïncidences

Porté à l’écran à la base d’un authentique scénario bien ficelé, le « court-métrage » de Youcef Mehses a fait sensation lors de la deuxième journée de la projection consacrée aux court-métrage à la faveur du 8e FICA.

Une œuvre de 22 minutes signée une dynamique équipe de la wilaya de Sétif, hormis la comédienne principale Lynda Blues, ayant joué le rôle de Sarah, une jeune étudiante qui rêve, comme beaucoup d’algériens, de quitter le pays. 

« J’ai été contacté par le réalisateur, je suis parti à Sétif pour passer le casting, j’ai lu le scénario, il m’a plu car c’est une histoire qui reflète vraiment le vécu de la jeunesse algérienne, beaucoup de jeunes veulent partir », a-t-elle souligné après la projection en avant-première. Triste nouvelle pour Sarah, son passeur disparait avec son passeport et son argent, elle rencontre, au milieu d’une nuit hivernale, un jeune gérant d’un cybercafé qui entretient une relation virtuelle sur la toile avec une canadienne, et pour qui il fait une fausse déclaration d’amour, dans l’espoir de voir l’Eldorado. Avec un décor romantique, voire poétique, la conversation de fond entre les deux personnages se déroulent au centre-ville, au milieu d’une nuit hivernale, Le jeune fait découvrir à Sarah un vieux bouquiniste qui offre des livres aux passants à condition qu’ils en retiennent un mot, une pianiste qui joue la nuit fenêtre ouverte et d’autres personnes, toutes animées par la beauté de l’art et la générosité de partager ces fortes sensations.

« L’équipe technique avait du mal à garder le contrôle dans le silence qui régnait dans la ville. On tournait de 1h à 6h du matin, on devait arrêter à chaque fois ou il y avait un bruit ».« On est devenus très soudés dès le premier jour, le feeling est passé directement entre nous, tout le monde s’entraident, on pense que les réalisateurs sont sévères, ce n’était pas le cas avec Youcef, c’était une personne très patiente, gentil, compréhensif et attentif », confie-t-elle pour sa première expérience cinématographique, chanteuse depuis de nombreuses années, et comédienne de théâtre depuis peu.

Avec recours au flash-back pour élucider une série de coïncidences basées sur des moments forts vécus lors de la tendre enfance, les deux personnages se sont déjà rencontrés et ils se posent des questions existentielles sur le devenir, la joie de vivre de l’enfance, l’égarement et tant de thématiques qui font de « Il a plu » un film à retenir de la filmographie du court-métrage algérien.