Focus Découvertes : Les premières œuvres présentées au public 7 décembre 2022

C’est avec un grand engouement et beaucoup de curiosité que le public du 11ème FICA s’est déplacé au Palais de la culture Moufdi-Zakaria pour les projections des films du focus « Découvertes » mettant en lumière les premières œuvres de cinéastes algériens ; longs-métrages pour certains ou films courts pour d’autres.

Ils étaient nombreux à découvrir la sensibilité et l’émotion véhiculée dans le film « Halim Erraâd », premier long métrage du jeune réalisateur Ben Abdallah Mohamed qui a choisi de monter sa fiction pour pointer du doigt une maladie qui terrorise depuis des années tous les parents de la planète.

Son choix n’a pas été d’aborder l’autisme, puisque c’est le sujet de son film, d’un point de vue médical ou scientifique ou par le prisme de la sensibilisation. Il a tenté le pari de provoquer une puissante charge émotionnelle chez son spectateur en l’immergeant dans l’envers du décor que la science et la médecine n’abordent pas. Pour cela, ce jeune réalisateur emmène son public dans la vie de tous les jours, dans les difficultés de prendre en charge un enfant autiste, dans l’impasse financière que la maladie engendre, dans la gestion quotidienne de l’enfant autiste qui devient un fardeau de plus en plus lourd avec l’âge, mais aussi, et ça reste le point focal du film, il positionne le spectateur face au regard de la société sur un enfant ou un jeune adulte atteint de ce syndrome, ou de toute autre déficience mentale.

La prise en charge, médicale ou autre, est également un point important de ce film qui démontre aussi un degré inquiétant, malheureusement persistant, d’ignorance de la maladie et des traitements et prises en charge possibles par bon nombre de proches et familles de malades qui se hasardeux à tout type de charlatanisme qui ne fait qu’empirer l’état de ceux que l’on croit soigner.

De son côté Aïssa Ben Saïd proposait au public son premier long métrage documentaire intitulé « Cilima », une immersion sincère dans l’industrie cinématographique algérienne avec ses potentialités inouïes, ses difficultés, et son encrage chez une jeunesse qui vit et respire le cinéma et ne demande qu’à travailler et en vivre.

Ce documentaire questionne de jeunes réalisateurs et professionnels du septième art, passionnés et porteurs de projets prometteurs, sur leur conception d’un cinéma algérien, sur ce qu’ils souhaitent faire passer comme messages, et surtout sur leurs degrés de compréhension du climat de production dans lequel ils tentent d’évoluer et de s’épanouir. Avec ce film, le réalisateur tente d’écrire une nouvelle page du cinéma algérien.

Autre œuvre présentée, le court métrage intitulé « Le chant de la sirène » réalisé par Arezki Larbi, très connu dans les arts plastiques. Le public a pu découvrir, voire vivre l’histoire l’histoire d’un marin pêcheur vivant seul dans une maison remplie d’objets et de tableaux. Alors qu’un jour il casse le moteur de sa barque, il découvre qu’au loin, sur une île, normalement déserte, l’existence d’une maison. Intrigué, il décide de s’y rendre. Sur place, une autre surprise, une autre découverte : il tombe sur une sirène… Au-delà d’une histoire d’amour naissance, ce court sonne comme une analyse de la solitude. Une solitude pesante, lourde à porter.