Focus Découverte : Pour l’émergence des jeunes réalisateurs 7 décembre 2022

Dans le cadre du 11ème FICA, le Focus Découvertes s’est tenu ce mardi, 5 décembre 2022, au niveau de la Cinémathèque d’Alger. Une occasion pour mettre l’accent sur le travail des jeunes réalisateurs algériens au talent avéré mais à la visibilité restreinte.

Etrennant la rencontre, le journaliste et auteur, Abdelkrim Tazaroute a évoqué le problème crucial de la distribution des films en Algérie. La plupart des films font l’objet d’une avant-première nationale mais au-delà de ce rendez-vous, ils disparaissent du circuit. L’intervenant rappelle que pratiquement tous les courts-métrages ne sont pas vus par les cinéphiles.

Pour le réalisateur, chef monteur, scénariste et comédien Rachid Benallal, les jeunes algériens d’aujourd’hui, s’intéressent au cinéma. Durant son intervention, il est revenu sur ses débuts dans la profession en tant que monteur. « Plus jeune, j’étais d’une timidité maladive. On m’avait expliqué que le métier de monteur se déroule dans une chambre noire, ce qui correspondait parfaitement à mon trauma de timide », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « J’ai, donc, choisi ce métier et si j’ai une seconde vie, c’est ce métier que je choisirai parce qu’il est méconnu par les producteurs algériens. » Concernant la nouvelle génération, Rachid Benallal précise que quand il voit de jeunes réalisateurs arriver dans le métier, il ne veut nullement freiner leur enthousiasme. A ce propos, il estime que cette génération montante devrait s’intéresser au cinéma et de regarder ainsi les programmes qui sont diffusés pendant le ramadhan, notamment les feuilletons. « Pour apprendre à l’œil ce qu’il ne faut pas faire dans le cinéma », avise-t-il.

Pour sa part, l’animateur Amir Nebbache rappelle qu’en raison de la pandémie du Covid-19, beaucoup de films algériens n’ont pu bénéficier de visibilité. Pour lui, le cinéma jeune représente la relève tout simplement. Un cinéma qui porte un nouveau regard sur des questions qui sont parfois au cœur de la société. Pour lui, montrer des films à la télévision est un relais intéressent, vu que les salles de cinéma en Algérie sont quasi absentes.

Amir Nebbache aurait aimé qu’il y ait des relais, car l’Algérie est un très grand pays. « Les gens, argue-t-il, n’arrivent pas à voir des films. Il faut mettre une machine régulière pour la visibilité des films. Nous avons la télévision qui fait découvrir de jeunes réalisateurs aux téléspectateurs ». Et de conclure que « Le passage à niveau » d’Anis Djaad et « Dans ma tête un rond-point » de Hassen Ferhani sont des films qui doivent être diffusés à large échelle.