Focus Cinéma, Mémoire et Résistance 9 décembre 2022

L’importance du rôle de l’archive

C’est en présence d’une assistance nombreuse, constituée notamment de jeunes étudiants algériens en cinéma et de réalisateurs et de scénaristes chevronnés algériens et étrangers que ce focus, tenu le 7 décembre 2022, a mis l’accent sur la mémoire et sa relation avec la résistance.

Dans son intervention, le journaliste et scénariste Boukhalfa Amazit est revenu sur le rôle qu’a eu la cinémathèque d’Alger dans cette mémoire, dans cette histoire à la fois africaine et arabe. « Sa vocation, dit-il, était de continuer le cinéma qui a été fait durant la Guerre de libération nationale avec l’aide d’amis, de patriotes et d’anticolonialistes qui ont appris aux jeunes combattants algériens à manier et à parler la langue du cinéma. La Cinémathèque algérienne est née dans un contexte qui n’était pas achevé ». Il poursuit en disant que la Cinémathèque s’est engagée naturellement du côté des causes justes, invitant régulièrement des réalisateurs qui venaient à Alger pour présenter leurs œuvres avec des débats des plus passionnants.

Pour l’historien Olivier Hadouchi, il est important de parler de mémoire et de résistance. La notion de transmission est d’une valeur capitale pour la sauvegarde de la mémoire qui doit être transmise par diverses générations. Il reste convaincu qu’il y a un cinéma de fiction qui nous plonge dans l’histoire en nous proposant un autre regard.

Il affirme que le rôle de l’image dans la Guerre d’indépendance a été repris dans d’autres luttes. « Le cinéma a toujours eu ce rôle de créer l’imaginaire, de documenter le réel. (…) Il y a aussi une forme de justesse et de justice. Il y a des cinémas de la résistance » étaye-t-il.

Pour sa part, la réalisatrice Viviane Candas la mémoire porte quelque chose de fort : « Il faut la faire vibrer. Il faut l’enregistrer et la faire résonner. Le film résonne au-delà même du moment où on le voit. Il va travailler et inciter les gens à faire autre choses. Il faut que les jeunes étudiants en cinéma aillent filmer, enregistrer la mémoire de leurs familles. »

De son côté, la cinéaste Maunica Maurer – qui a travaillé avec l’Institut du Film de Palestine de l’OLP – précise que les archives ne sont pas seulement les manifestations d’une mémoire collective, d’un peuple qui lutte contre une occupation. Pour elle, les archives sont l’essence des racines et de l’identité. « Il faut sauvegarder toute l’identité. Il faut aller vers un travail de rechercher des  éléments d’archives et de témoigne » conseille telle.

Dans le même sillage, Rabah Slimani, réalisateur du film « Wanibik », soutient qu’il a appris à conjuguer le présent au futur. « Certes, nous faisons du cinéma, aujourd’hui, mais ce cinéma est destiné aux générations à venir. Nous sommes en train de fabriquer nos archives. Nous sommes beaucoup plus dans un travail de résistance dans le présent », déclare-t-il.