Film « Central Aéroport THF » de Karim Ainouz 6 décembre 2018

Le vécu au quotidien des réfugiés

Le film documentaire du réalisateur algéro-brésilien « Central Aéroport THF» a été projeté, jeudi après-midi, dans le cadre de des compétitions des  films documentaires du Fica.

Ce remarquable film documentaire franco-allemand  de 97 minutes plante son décor au niveau d’un ’aéroport désaffecté de Tempelhof à Berlin. Si dans un passé récent, cet espace servait au  programme hitlérien de réarmement, il a servi  il y a trois ans d’hébergement pour les demandeurs d’asile. A l’intérieur de ces immenses hangars froids, des familles fuyant les guerres du Moyen-Orient tentent de mener une vie sereine en attente de leur régularisation.

A travers des séquences parlantes, le réalisateur a filmé   en 2015, pendant une année le quotidien de ces personnes courageuses et tenaces à la fois. D’où la construction d’une narration au rythme des saisons. La temporalité est des plus longues. Elle se traduit  aisément sur le plan du son et de l’image.  La routine de ces réfugiés se donne à voir sous la forme de plans  fixes et larges. De temps à autre, la voix off, tirée du journal intime du syrien Ibrahim Al Hussein, agrémente ce climat austère. 

« Central Aéroport THF » se targue de suivre le cheminement d’Ibrahim jusqu’à son départ et de découvrir l’arrivée d’un autre refugié Ukraine. Pour le réalisateur Karim Ainouz ce film documentaire est une fresque  d’un moment donné de l’histoire et où les guerres continent d’exister un peu partout dans le monde,  notamment dans le Moyen Orient  ou encore en Ukraine.

Au gré de ces nombreuses images lourdes de sens qui défilent, le spectateur est subjugué par les nombreux plans, par les discours tempérés et par cette dimension humaine. Ces tranches de vie témoignent, certes de souffrances mais aspirent à un avenir des plus radieux.