FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA : LE PERSONNAGE JEAN ZIEGLER 12 janvier 2018

Ouverte dans la soirée de ce vendredi 1er décembre, à El Mouggar, la huitième édition du Festival international du cinéma d’Alger rendra hommage à Jean Ziegler par la projection du documentaire du cinéaste suisse Nicolas Wadimoff.

Dans son nouveau documentaire Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté, Nicolas Wadimoff – présent à la projection à Alger – ne livre pas une biographie sur le sociologue suisse, le professeur, le rapporteur spécial auprès de l’ONU sur le droit à l’alimentation, le vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies depuis 2009, l’auteur d’articles et de d’ouvrages à caractère social et politique, le militant engagé contre l’ordre établi du capitalisme.

Le réalisateur établit plutôt un portrait sur Jean Ziegler, dans le contexte de son voyage à Cuba, pays soumis à l’embargo économique des Etats-Unis, où il évoque sa rencontre avec Ernesto Che Guevara, en 1964.

Agé aujourd’hui de 82 ans, l’intellectuel J. Ziegler semble être intransigeant, défendant ses convictions avec passion et ferveur. Il se dit en mission qu’il n’a jamais abandonnée.

Entre son séjour cubain et l’exercice de sa fonction dans l’instance onusienne, il reconnait que le Che lui a sauvé la vie, ce dernier lui ayant demandé de poursuivre son combat chez lui en Suisse, au lieu de l’emmener avec lui à Cuba.

Il supporte, certes, le sentiment de culpabilité de n’avoir jamais pu se retrouver sur le champ de bataille de la révolution cubaine, mais il cultive une volonté inébranlable que cette dernière finira par donner ses fruits dans le monde. Il est cependant mis à l’épreuve dans différentes images du documentaire.

Accompagné dans son voyage de sa femme Erica, il est confronté à l’esprit réaliste de celle-ci, mais aussi à la dure réalité qu’il découvre.

Tout au long de ses rencontres avec des gens du peuple, des ouvriers agricoles, d’un directeur de la Maison des Amériques, des journalistes, des étudiants et des intellectuels, il affirme ses croyances de socialiste.

La caméra de Wadimoff met en évidence une complexité du personnage, dont le dialogue avec ses différents interlocuteurs montre les positions tranchées et, surtout, le rêve de voir la révolution triompher.

Lors de sa visite du mausolée du commandante Ernesto Guevara, l’image de Jean Ziegler se reflète dans la vitrine renfermant la civière qui a transporté le cadavre du Che. Comme si ce visiteur voulait prendre la place de celui qui est un guide pour lui.

Il y a peu de peu de fiction dans le documentaire de Wadimoff, mais cette image démontre un tant soi peu la détermination de Ziegler à poursuivre son parcours de militant. Au fil des images successives, le personnage Ziegler est révélé comme un homme modeste, grand humaniste, généreux et sûrement d’un grand optimisme. Il se pose sans cesse des questions sur la condition humaine, mais son rêve de révolutionnaire est-il seulement une illusion ?

 

L’indépendant

Mohamed Rediane