FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA D’ALGER 17 films en compétition 30 novembre 2018

Inauguré par un film palestinien le 1er décembre à la salle Ibn Zeydoun, la 9 ème édition du festival engagé se tiendra jusqu’au 9 novembre en cours avec un programme cinématographique toujours aussi intéressant.

Ahmed Bedjaoui et Zehira Yahi, respectivement président et commissaire du Festival international du cinéma d’Alger dédié, au film engagé, ont animé, hier matin, un point de presse à la salle Frantz Fanon pour dévoiler le programme de la neuvième édition qui se tiendra du 1er au 9 décembre prochain à Riad El Feth. En effet, exit la salle El Mouggar et la Cinémathèque algérienne, place à la salle Ibn Zeydoun et la filmathèque Mohamed Zinet ainsi que la salle Frantz Fanon pour abriter le riche programme. Un déménagement dû à l’état de rénovation de l’hôtel Safir à côté, qui pourrait perturber le bon déroulement des projections. «On ne voulait pas prendre de risque. L’Oref offre des commodités. Il y a la sécurité et un parking pour le stationnement car les gens se plaignaient avant de cela à El Mouggar» nous a-t-on fait savoir ajoutant que l’année dernière environ 10.000 spectateurs ont fréquenté les salles, preuve de l’engouement de plus en plus fort du public et «on espère plus cette année». Au total 17 films sont en compétition dont neuf documentaires et huit fictions. L’inauguration aura lieu le 1er décembre à 18 h avec le film palestinien de Anne-Marie Jacir, Invitation à un mariage, un film aussi en compétition. La clôture quant à elle sera assurée par la projection du film Une saison en France du célèbre réalisateur tchadien Mamet Saleh Haroun qui sera parmi nous. Le 9 décembre sera consacré aux films hors compétition. Trois matinées seront dédiées aux conférences. L’une est une table ronde qui sera assurée le 3 décembre par des responsables de festivals d’horizons divers dont l’Espagne, le Burkina Faso avec le Fespaco qui fêtera cette année ses 40 ans, entre autres. Un master-class sera donné le 4 décembre, aux étudiants en cinéma par Thierry Michel, réalisateur belge qui avait pris part au film L’homme qui répare les femmes et dont ce docteur même a reçu cette année le prix Nobel de la paix.
Le 5 décembre sera animé par le réalisateur André Gazut qui fera une présentation de ses films sur la pacification. «Il nous parlera de la manière dont on peut parler des questions de l’heure sans que cela soit daté. Pourquoi ça dure? Ce n’est pas du journalisme. mais de l’investigation d’art. Il vous dira la différence entre un reportage et un documentaire artistique (de création)». soulignera Ahmed Bejdaoui. A propos des films qui seront projetés, note-t-on la plupart ne sont pas encore sortis ou sont en train de sortir, comme celui de Rachid Bouchareb qui est en salle depuis à peine une semaine en France et qui rassemble à la fois Omar Sy et Beyouna. «Un cadeau» a-t-on estimé de la part de Rachid Bouchareb dont la projection de son film Le flic de Belleville, se fera en hors compétition. Aussi, Okacha Touita sera là pour présenter en avant-première mondiale son long métrage fiction Le droit chemin le jeudi 6 décembre. Une autre fiction retiendra assurément l’attention du public, nous affirme-t-on, La voix des anges du réalisateur algérien Kamel Laiche. Choisir à vingt ans est un documentaire de Villi Hermann qui a été projeté en première mondiale lors de la 70e édition du festival de Locarno. Ce film se situe entre 1954 et 1962, où 100 à 300 jeunes Français refusèrent de participer à la guerre d’Algérie. Autre film attendu est Frères ennemis de David Oelhoffen (France) qui sera projeté en présence de son acteur principal Reda Kateb. Centra Airport THF est un film sur les migrants, réalisé par le Brésilien d’origine algérienne Karim Aïnouz. «Un film avec une approche esthétique à l’image de Fi rassi un rond-point de Hassan Ferhani» dira Ahmed Bedjaoui. A propos du nombre de films ayant été réceptionnés et vus, nos intervenants estimeront qu’ils sont de trois fois plus de ce qu’ils gardent ou retiennent à la fin. «Nous faisons un choix drastique et douloureux. Nous sommes face à un problème de choix cornélien», dira Ahmed bedjaoui et Zehira Yahi de renchérir «un film qui n’a pas été retenu n’a pas à être dévalorisé. Souvent nous souffrons. Si on avait des salles, ces autres films y seraient projetés. Je parle des films commerciaux, car certains ne le sont pas.» A propos des courts métrages on notera la participation de Chakib Taleb-Bendiab avec Black Spirit et notamment un film de la Rasd intitulé Bidoun Hawiya de Nayat Ahmed Abdelsaem, réfugiée en Espagne. «La Palestine et la Rasd sont les deux causes sur lesquelles nous insistons chaque année, en tentant de leur donner de la visibilité» a-t-on reconnu. S’agissant du jury, celui du documentaire sera présidé par Ousmane William Mbaye du Sénégal et composé de Hadj Bensaleh, Michèle Collery (Prix du jury l’année dernière avec un documentaire sur Jean Genet), Yamina Chouikh et Khalil M’kasser ingénieur du son dans le film Nahla. Côté long métrage, cette catégorie sera présidée par Nabil Boudraâ et composé de André Gazut, Safy Boutella et Gérard Dupond. A propos des courts métrages qui sont en nombre de cinq, nos conférenciers ont déploré leur nombre réduit cette année d’ou le fait qu’il n’existe pas de jury dans cette catégorie, mais ont tenu à faire savoir qu’ils les mettent exprès en début de projection des films en compétition pour qu’ils soient vus par le plus grand nombre de personnes. Hormis les prix que l’on connaît, (Meilleur film, Prix spécial du jury et celui du public) un nouveau vient s’ajouter à la liste qui est celui attribué chaque année par l’Unesco. «Un prix prestigieux qui décerne la médaille Ghandi» a-t-on appris. Notons enfin, qu’outre la salle Ibn Zeydoun qui en possède déjà un, la filmathèque Zinet sera aussi équipée d’un DCP.

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