Entretien avec Olivier Hadouchi, historien et chercheur en cinéma 9 décembre 2022

« La mémoire doit être transmise de génération en génération »

Pensez-vous  qu’aujourd’hui,  les  étudiants et les chercheurs algériens ont suffisamment d’archives de cinéma ?

Olivier Hadouchi : Il y a certaines archives de cinéma qu’il faut récupérer au plus vite afin de les mettre à la disposition des intéressés. (…) Les archives de cinéma sont aussi difficilement accessibles. Parfois, nous pouvons consulter ces archives, mais nous ne pouvons pas les utiliser.

Doit-on aller vers la numérisation de toutes les archives de cinéma ?

Je pense que certaines archives du cinéma sont numérisées. Le reste doit être fait. Je reste convaincu qu’il faudrait que les contrats de distribution soient plus souples compte tenu du prix excessif de ces précieuses archives.

Pour préserver la mémoire collective, les jeunes étudiants algériens en cinéma ne doivent-il pas, selon vous, réaliser plus de productions ?

Je reste convaincu qu’il est très important que les jeunes réalisateurs et cinéastes algériens s’intéressent à la mémoire de leur nation. Il y a eu, par le passé, de très belles productions sur la mémoire, réalisées par des réalisateurs de génie, comme la romancière Assia Djabbar qui a réalisé « La nouba des femmes du Mont Chenoua » (1978) et « La zerda ou les chants de l’oubli » (1982). Je pense aussi au film «  Combien, je vous aime » d’Azzeddine Meddour, réalisé en 1985. Il y a aussi le film de Yamina Bachir Chouikh sur les luttes des femmes. C’est un appel que je lance à la jeunesse algérienne : iI faut créer une mémoire vivante. Il y a beaucoup de gens qui sont encore vivants dont ces jeunes peuvent exploiter leurs témoignages. Il y a une matière riche à exploiter. Il y a des gens qui n’ont jamais parlé dans chaque région de l’Algérie. Il y a plusieurs vécus importants. Il y a des grands-pères et des grands-mères qui vont disparaître. C’est une mémoire qui doit être transmise. Il est temps de s’y mettre. C’est une priorité.