Entretien avec la comédienne Malika dans le film « 143 Rue du désert » de Hassen ferhani 11 novembre 2019

      « Sans prétention aucune, je suis une femme très courageuse »

 Malika a campé le rôle principal dans le film documentaire du réalisateur algérien Hassen Ferhani. Entretien expresse avec cette dame au tempérament bien trempé.

Vos impressions sur votre venue à  Alger dans le cadre de l’avant-première national du film documentaire « 143 Rue du désert » de Hassen Ferhani dont vous avez campé le personnage principal ?

Je suis émue d’être là à Alger dans la cadre la 10 éme édition du festival international du film engagé. Je suis fière d’aller à la rencontre ce public si nombreux et brave à la fois. J’ai été accueilli comme une reine.

 Qui au juste Malika ?

Je suis née le 20   janvier  1947 à Constantine. J’occupe  le lieu de mon restaurant depuis 1994. Je me suis installée dans cet endroit pour des raisons familiales. Il faut  dire que je suis une habituée du désert. Et puis, c’est le désert qui m’a appelé.

Je me  plais à servir dans mon commerce   des omelettes et du thé aux  routiers. J’ai quitté l’école alors que j’étais en quatrième année moyenne. Si je me prénomme Malika, certains  se plaisent à m’appeler entre la nationale.

Comment avez-vous vécu cette expérience cinématographique ?

J’ai l’habitude de recevoir du monde chez moi mais personne ne m’a filmé  jusqu’à la. J’ai beaucoup aimé cette expérience cinématographique. J’ai essayé d’être moi-même. Je me suis présentée à l’état pur. Sans prétention aucune, je suis une femme très courageuse que d’habiter dans cet endroit isolé qui me plait.

Comment avez-vous connu  le  le jeune réalisateur Hassen Ferhani ?

Le journaliste et écrivain Chawki Amari a  l’habitude de venir me voir.  En effet, il a l’habitude de venir avec des amis chez moi pour prendre des  omelettes et du thé. Un jour Chawki  a débarqué avec Hassen Ferhani. Ils m’ont proposé de faire un film sur moi. J’ai tout de suite accepté car je voulais qu’on me consacre un film. Un autre jour Hassen est revenu me voir seul. Je lui ai dis que je ne me souvenais plus de lui. Ma mémoire m’avait fait défaut ce jour là. Il m’a dit qu’il allait revenir pour  commencer le tournage du film. Par la suite,  il venait  tous les jours filmer jusqu’au jour où ils ont terminé  et sont partis. Quand  ils sont partie, je me suis retrouvée seule comme à mon accoutumée. Quelques jours plus  tard je suis partie rester une quinzaine de jours chez ma sœur à Constantine.

  Depuis l’ouverture de la  station  d’essence, avez-vous gardé  votre clientèle ?

Avant j’étais la seule dans cet espace, perdu du Sahara. Il faut être honnête  et dire  que la clientèle va plutôt se restaurer au niveau de cette nouvelle pompe à essence. J’ai tout de mêmes des clients qui me sont restés fidèles. Certains d’entres  eux sont généreux avec moi

Comment vous vous approvisionnez en marchandises ?

Ma marchandise, je la ramène,  le matin, dans la ville la plus à El-Menia. Des fois je prends le car ou parfois je fais du stop. Il faut dire que les gens de la région  me connaissent. Je suis obligée de  me ravitailler en marchandise pour mes clients.

Ce film qu’a-t-il changé dans votre vie ?

Non. Je suis toujours  gale à moi-même

Voudriez-vous  tenter  une  autre  expérience cinématographique  un autre réalisateur ?

Je ne sais pas trop. Tout dépendra des conditions.