Entretien avec Chergui Kharroubi, réalisateur 6 décembre 2022

« Les jeunes réalisateurs algériens ont un grand potentiel »

Où vous situez-vous entre le documentaire et la fiction ?

Je me sens à l’aise dans le documentaire et la fiction. Mais j’avoue que je préfère le documentaire car j’ai plus de temps. Il faut dire que la fiction demande beaucoup de temps entre la finalité du produit et  trouver de l’argent. Ce que j’aime dans le documentaire, c’est toute la préparation : être avec les gens, les connaitre et s’intéresser à eux, vivre avec eux pendant et après le tournage. Disons que c’est un rapport humain assez intense dans le documentaire. Dans la fiction, les gens qui viennent ont un rôle, mais dans le documentaire, c’est vraiment un apprentissage de la vie. C’est entrer dans la vie des gens, comme on entre dans une famille.

Quelle est, selon vous, la différence entre un reportage et un documentaire ?

Je pense que tout réside au niveau du timing. Le reportage c’est souvent dans le vif de la réalité. Contrairement au documentaire qui doit mûrir dans la durée, dans le tournage. Le montage peut avoir une grande affluence sur le documentaire. Ce qui est important dans un documentaire, c’est de savoir où on va. Il faut savoir maitriser sa thématique.

Vous avez aussi signé une œuvre de référence sur le penseur « Ibn Khaldoun ». Ne caressez-vous pas le rêve de vous pencher sur autre personnalité historique algérienne ?

Il y a plein de penseurs qui mériteraient qu’on s’y attarde comme l’Emir Abdelkader.  Il peut y avoir plusieurs facettes de ce personnage hors du commun. On peut faire aussi de belles histoires avec des gens ordinaires. Il y a des gens ordinaires qui font des merveilles sans être connus. Cela vaut la peine.  On peut s’intéresser également à des gens qui ont contribué à l’évolution de la pensée arabe. Des personnages intéressants, il y en a plein, mais il suffit de faire son choix.

Quel est votre regard sur l’émergence des jeunes réalisateurs algériens ?

J’en connais quelques-uns dont Hassen Ferhani. Ces jeunes sont des merveilles. Franchement, je suis très confiant. De plus, le champ en Algérie permet de raconter une histoire dans une famille ou encore dans un café. Tout est prétexte pour raconter une histoire. Les jeunes réalisateurs algériens ont un grand potentiel.