Entretien avec Apolline Traoré, réalisatrice de : « Desrances » « La femmes peut aussi assurée la lignée de ses ancêtres » 12 novembre 2019

  • Votre fiction est-elle basée sur des faits réels ?

Apolline Traoré : pas forcément, mais ce qui es certains c’est que ce genre d’histoires existent particulièrement dans les pays touchés par les affres des guerres civiles. A chacun son parcours, à chacun son histoire et la souffrance qu’il a enduré. Il y’a cependant une grande part de vérité du fait que certaines familles, particulièrement en Afrique, continuent de croire que c’est le garçon qui assurer la continuité du nom et de la lignée de ses ancêtres. Un phénomène réel qui existe même à notre époque.  Cette fiction traite de sujets qui existent dans la société  à vrais dire, donc elle n’est pas aussi imaginaire.

  • Justement, vous avez fait de « Haila » la digne héritière de ses aïeux, est-ce un hymne à la femme ?

Apolline Traoré : Tout à fait, c’est une hymne et un hommage à toutes les femmes qui ont le cran et l’audace de s’imposer et de faire entendre leur voix.  J’ai voulu montrer, à travers le personnage de cette fillette de 12 ans, que la femme née déjà responsable et capable d’affronter le monde pour ceux qu’elle aime même si cela doit lui couter la vie. Haila a fait face à son père, son amour a fait toute sa force et c’est grâce à cela qu’elle a pu le sauver dans son parcours qui a faillit se soldé par une véritable descente aux enfers. C’est le portrait d’une femme à travers une enfant qui a grandi vite en raison de ce qu’elle a subi dans son environnement caractérisé par une guerre civile sans merci qui lui a détruit sa famille. Haila a prouvé à son père que les valeurs qu’il lui a inculqué et que son éducation font d’elle une personne capable d’assurer la continuité de la lignée de ses ancêtres même étant une fille, une femme.

  • Que est donc quel le message que vous vouliez véhiculer à travers cette fiction ?

Apolline Traoré : mon message est simple et direct, il est certes important d’enseigner et d’inculquer des valeurs et des principes mais sans pour autant casser ou toucher à la personnalité d’un enfant qu’il soit fille ou garçon. Les deux doivent évoluer dans un cadre harmonieux pour pouvoir avancer et construire leur avenir et celui de leur pays, loin des conflits et des préjugés.

  • Vous laissez entendre que c’est une sorte de lutte contre le sexisme et la misogynie ?

Apolline Traoré : Oh que oui. Il est important de se battre et de s’imposer en tant que femme et d’outrepasser tout ce qui entrave le chemin à commencer par le milieu familial.

  • Est-ce votre première fiction ?

Apolline Traoré : J’ai réalisé quatre longs métrages, des séries dont deux télévisées, en plus de deux autres émissions télévisées aussi et deux courts métrages.

  • Que représente le FICA pour vous ?

Apolline Traoré : Je suis à ma première participation. Le festival du film engagé est une véritable aubaine, soit une opportunité pour la projection des films africains. C’est aussi un magnifique espace de partage, d’échanges et de rencontres très enrichissantes voir fantastiques qui peuvent ouvrir le champ à des coproductions et des collaborations dans le domaine cinématographique.

  • Des projets en vue ?

Apolline Traoré : je suis actuellement sur un travail mais je ne dirais pas plus. Je préfère garder l’exclusivité pour en faire, par la suite, une belle surprise qui permettra de nous réunir et d’en parler aisément.