« Enrico Mattéi et la révolution algérienne », documentaire Hommage à un ami de l’Algérie 6 décembre 2018

« Enrico Mattéi et la révolution algérienne » est un documentaire réalisé par Ali Fateh Ayadi. Il a été projeté, mercredi, à la salle Ibn Zeydoun (Riad-el-Feth), dans le cadre du festival international du cinéma d’Alger. Le documentaire brosse le portrait d’Enrico Mattéi, ancien résistant, anticolonialiste et fondateur de l’industrie pétrolière italienne. Il retrace son parcours, notamment son engagement pour la cause algérienne. En effet, le documentaire revient sur ses liens avec les membres du GPRA, son précieux soutien à la lutte de libération nationale… Le documentaire décrit Enrico Mattéi comme un personnage à part, exceptionnel, charismatique, car il a su rallier la classe politique italienne à la cause algérienne. Cet ami de l’Algérie et sympathisant de son indépendance meurt, en octobre 1962, dans un crash d’avion en Lombardie (Italie). Il était victime d’un attentat.

Pourquoi un documentaire sur Enrico Mattéi ?

C’est par devoir de mémoire. C’est contre l’oubli. C’est pour que les jeunes générations sachent que des européens dont Enrico Mattéi, ont aidé et soutenu la cause algérienne. Ce documentaire se veut un grand hommage à Enrico Mattéi et à son engagement pour l’indépendance de l’Algérie.

Ce documentaire rejoint un autre documentaire que vous avez réalisé et qui a pour titre « Ces justes qui ont choisi l’Algérie ».

En effet. Ce travail, comme tous mes travaux, sont des hommages à ceux qui ont fait beaucoup pour la cause algérienne, ces amis de l’Algérie, ceux qui l’ont aidé et soutenu pour le recouvrement de son indépendance. En tant qu’algérien, il faut rendre hommage à tous ces gens-là. Ils sont présents dans tous mes documentaires. D’ailleurs mon travail s’organise autour de cela. Dans « Ces justes qui ont choisi l’Algérie », Enrico Mattéi n’y est pas parce que j’avais en tête un film sur ce personnage. Je lui ai donc fait un documentaire à part.

Qu’est-ce que ce documentaire vous apporté ?

Ce documentaire m’a apporté beaucoup de choses et surtout des émotions. Ça m’a permis de faire des rencontres avec les personnes que j’ai interviewés. C’était une expérience très enrichissante. En réalisant ce documentaire, j’ai découvert des gens merveilleux, notamment les acteurs de l’histoire dont Mohamed Kheladi. Ces gens savaient que le GPRA, dès sa création, était devenu un véritable gouvernement pour affronter un pays comme la France coloniale.

Derrière le personnage d’Enrico Mattéi, c’est toute l’aide de l’Italie qui est soulignée.

Le soutien de l’Italie à la cause algérienne a été de grand apport. L’Italie était l’un des pays où les révolutionnaires algériens se baladaient sans problème, au vu de tout le monde. La politique de l’Italie envers l’Algérie était courageuse parce que, à cette époque-là, c’était difficile de soutenir un peuple en guerre, sachant que l’Italie était considérée, à la fin de la seconde guerre mondiale, comme un pays vaincu. Tout le gouvernement était avec le peuple algérien.

Qu’est-ce qu’on pourrait dire de ce film ?  

Ce documentaire nous apprend beaucoup de chose sur ces européens qui ont aidé l’Algérie pendant la révolution. Il nous renseigne sur notre histoire.