« Deux boîtes oubliées-un voyage au Vietnam » de Cecilia Mangini et Paolo Pisanelli 10 décembre 2022

Se réconcilier avec la mémoire

Le film documentaire italien (2020) « Deux boîtes oubliées-un voyage au Vietnam », coréalisé par Cecilia Mangini et Paolo Pisanelli, aborde la lutte et le combat d’un peuple déterminé à conquérir l’unité et l’indépendance. Il est raconté à travers des images, en noir et blanc, retrouvées dans deux boîtes pleines de négatifs prises lors d’un séjour au Vietnam.

D’une durée de 58 minutes, le documentaire, projeté le 8 décembre 2022, à la Salle Ibn Zeydoun (Oref), dans le cadre de sa participation au 11ème Festival International du Cinéma d’Alger, la cinéaste et militante engagée Cecilia Mangini (née à Mola di Bari en 1927 et disparue à Rome le 21 janvier 2021), fait un retour dans la mémoire personnelle et historique.

Ce film rassemble des témoignages extrêmement critiques sur la guerre du Vietnam et relate la souffrance d’un peuple déterminé à conquérir sa liberté. Cette œuvre délicate et mélancolique est un souvenir subjectif, un acte d’amour, déclamé à travers le portrait d’un pays fascinant.

Dans son témoignage, Cécile parle de la valeur et de la labilité de la mémoire : la sienne qui l’abandonne impitoyablement mais qui revient, par flash, lorsqu’elle contemple ces photos, qui transportent les spectateurs en 1954, après la décision de la conférence de Genève, qui engendre la division du pays d’Asie du Sud-est en deux États, le Nord et le Sud Vietnam.

L’année suivante, les USA entrent en opérations militaires pour neutraliser l’expansion du communisme en Asie du Sud, les autorités gouvernementales de Hanoï ont, à cet instant, décidé de rapatrier tous les étrangers présentes sur le territoire, dont le couple de cinéastes. Malgré leur demande express à Ho Chi Minh, de rester et poursuivre leur tournage, ils étaient contraints de quitter le pays. Ce film historique n’a jamais vu le jour en 1964. Il sortira finalement en 2020.

Lors du débat qui a suivi la projection, le coréalisateur Paolo Pisanelli expliquera que « le tournage, à cette époque, n’a pas été réalisé. On s’est contenté des images prises par Cécilia et des notes laissées par son mari. Après 60 ans, cette femme, la seule européenne à se trouver au Vietnam, a laissé un trésor derrière elle ». Et d’ajouter : « Toutes ces voix off en français que nous entendons sont dans le premier script du film. » Pour lui, ce film est « une réflexion importante sur la mémoire. Cécilia en tant que photographe et femme de cinéma, retrouve la mémoire en regardant ces photos prises au Vietnam et se rappelle de tout ce qu’elle a vécu ».