De Equipe Média Mamine Hachemi nous parle du film court métrage projeté ce matin à El Mouggar, intitulé 3 Caméras volés. 4 décembre 2017

«  Faire entendre la voix du peuple sahraoui »

« Il ya les images qui sont récupérés au fur et à mesure donc ce film est le fruit du montage de toutes ces images. A chaque fois qu’une caméra est volée et confisquée par les autorités marocaines, on se mobilise pour en trouver une seconde puis une troisième.  C’est donc un montage d’image entre ces différentes périodes.

Toutes ces images montrées à l’cran reflètent la réalité. C’est donc un montage de la part des réalisateurs suédois.  Quand on perdait une caméra,   le lendemain on la retrouvait entre   les mains d’un policer marocain en train de filmer les manifestants  pour pouvoir les retrouver et les condamner. Pour nous il s’agit de dénoncer, pour eux de nous interdire de s’exprimer et revendiquer nos droits.  Cela veut dire que la police est pauvre matériellement, n’a pas les moyens pour s’acheter des caméras. Moi je les obtient de la part des ONG . je fais partie du collectif des journalistes qui filmaient mais beaucoup de  mes confrères  ont été  arrêtés et se retrouvent condamnés à des années de prison, sans parler des condamnés à mort en tant qu’activistes politiques. Leur nombre augmente de plus en plus.  Mon collègue qui a été poussé par un des policiers  se trouve actuellement en Suède comme refugié là bas.. Mais le travail continue. Notre slogan est  témoigné par amour du pays pour que vive les millions d’autres sahraouies. En 2009, quand ce travail de collecte des images a commencé,  il n’existait pas encore d’images assez bonnes ou de moyen de communication assez performants pour pouvoir les relayer, mais nous avons essayé de montrer des images plus au moins claires pour qu’elles  puissent arriver au spectateur. L’histoire est réelle comme vous l’avez remarqué. Il ya par exemple celle de Afaf qui  s’est faite casser un  bras suite à une altercation avec les policiers. Equipe Media nous a réunit en tant que journalistes indépendants et c’est RaFilm (un collectif suédois de jeunes cinéastes engagés)  de Suède qui s’est occupé du montage. J’avoue que nous n’avons pas d’expérience dans le domaine de la réalisation. Ca relève de l’autoformation et puis il ya Google sur lequel on peut tout apprendre, même sur le plan du découpage des plans. Nous avons effectivement des difficultés  dans ce sens. L’état marocain se compote avec ségrégation au niveau des camps occupés  Sahraoui. Même à l’université il ya des spécialisés qui sont interdites au sahraoui, il faut le souligner. Mais je tiens à faire remarquer que je fait le distinguo entre le système politique marocain et le peuple du Maroc.  Mais on essaye  de faire de notre mieux pour faire passer notre message via d’autres canaux de communication et  projets cinématographiques  grâce à Equipe Media qui planche  actuellement sur un long métrage . On souhaite  le meilleur pour les journalistes et les gens des médias sahraouis, afin de pouvoir communiquer plus  et casser ce blocus médiatique en vu de faire  entendre  la voix du peuple Sahraoui  et la faire rayonneur sur le monde entier.