Conférence-débat autour du film « Nos frangins » de Rachid Bouchareb, réalisateur 13 décembre 2022

L’affaire Oussekine… récit d’un combat contre l’oubli

Il a été projeté le vendredi 9 décembre 2022, en avant-première à la salle Ibn Zeydoun (Oref), Alger. Le film revient sur l’affaire Malik Oussekine, tué par deux policiers français à Paris, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, lors des manifestations estudiantines contre la nouvelle réforme de l’éducation. Dans la même nuit, Abdel Benyahia est également assassiné par des policiers.

Pour le réalisateur, il est possible de réaliser une trentaine de films à partir de témoignage de plusieurs familles, à partir d’un vécu. Mais il n’est jamais possible de tout relater au cinéma. Rachid Bouchareb précise que l’écriture du scénario est relative à une saga sur le combat de deux familles. Il s’agit d’un texte écrit en français, mais dominé, à hauteur de 20%, par le dialecte algérien.

Sur le plan technique, la bande son est très originale, vu le choix de la musique de Warda El Djazairia « Haramt Ahebek » qui a inspiré le réalisateur. Concernant le choix du titre du film, « Nos frangins », Rachid Bouchareb explique : « En fait, j’avais commencé sans titre. Je ne savais pas quoi mettre au départ. C’est venu spontanément. » Pour l’acteur Reda Kateb : « Le titre « Nos frangins » est un genre qui rappel de l’époque « old school », les années 80, où tout le monde exprimait son sentiment de fraternité en disant mon frère ou mon pote, et qui se réfère aussi au slogan de solidarité contre le racisme. » A savoir quelle a été la réaction suscitée par ce film en France, le même acteur déclare : « On s’attendait à une réaction, mais c’est resté calme. » Évoquant son rôle du « père » dans le film, le comédien Samir Gasmi s’en félicite, car il a eu déjà à interpréter un rôle pareil dans d’autres films. Pour lui, c’est l’image de son père qui reflète l’honnêteté, et la droiture. Présente à cette rencontre, Lyna Khoudri qui a interprété le rôle de Sarah, estime que le film « Nos frangins » fut « une magnifique expérience humaine ». Pour elle, c’est une forme de combat pour lutter contre l’oubli.