Clôture du Festival international du cinéma d’Alger : Des prix à la hauteur de l’engagement 13 décembre 2022

La 11e édition du Festival international du cinéma d’Alger (Fica), dédié au film engagé, s’est clôturée dans la soirée de samedi, à la salle Ibn-Zeydoun de l’Office de Riadh El Feth (Alger).

Pas moins de 25 films étaient en compétition lors de cette édition du Fica qui s’est tenue du 2 au 10 décembre, dont 8 documentaires, 6 fictions longs métrages et 11 courts-métrages avec une prédominance des questions liées aux  migrants et réfugiés. Si certains films ont su proposer un cinéma de qualité et un regard transcendant sur les notions d’engagement et d’humanisme, d’autres étaient symptomatiques d’une sélection bien moins astreignante. En résultent alors une compétition à armes inégales et un palmarès prévisible tant les lauréats sortaient clairement du lot.

Le prix spécial du jury dans la catégorie long métrage de fiction est revenu au film «200 mètres» du réalisateur palestinien Ameen Nayfeh. Un film, selon Denise Brahimi, membre du jury, «a matérialisé d’une façon assez saisissante les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les Palestiniens». Par ailleurs, une mention spéciale du jury a été décernée au réalisateur rwandais Mutiganda Wa Nkunda pour son film «Les Anonymes», qui montre à quel point la misère peut détruire absolument tous les sentiments, l’amour, le couple, etc. «Et tout cela le réalisateur le montre avec beaucoup de force», fait savoir Denise Brahimi. Côté public, la majorité des spectateurs ont voté pour «Catwalk» du réalisateur suédois Johan Skog. Ce dernier se félicite, lors de sa remise du trophée, de la ferveur extraordinaire du public qui a interagit avec le film lors de sa projection.

Le grand prix long métrage fiction est revenu au film «Limbo» du réalisateur britannique Ben Sharrock. «Le film traite d’une actualité qui n’échappe à personne. Il traite du problème des migrants. Il raconte l’histoire de réfugiés partis sur une île écossaise en attendant de savoir ce que sera leur destin», relève l’intervenante. Selon elle, le jury a été séduit par ce film, car il est un mélange d’une grande force émotionnelle, mais également d’un esprit satirique. «Il y a à la fois une action dramatique et une non- complexité dans l’appréciation de cette situation. Et comme tout cela est fait avec un très grand talent dans la réalisation mais également l’interprétation des acteurs, le jury a été séduit et unanime», a précisé Brahimi.

Le jury documentaire, présidé par Ali Fateh Ayadi et composé de Luca Peretti, Sophie Bachelier et Kita Bauchet, a décerné une mention au film «Los Zulagas» de Flavia Montini, tandis que le Grand prix est revenu à
«Non Aligned» de Mila Turajlić. «I am not your negro» de Raoul Peck obtient, pour sa part, le grand prix du documentaire. Lors d’une intervention, le président du jury a indiqué que les jurés de cette catégorie sont restés fidèles aux principes du festival, dédiée au film engagé. «Nous nous sommes basés sur les scénarios et les messages des films, sans oublier l’image, le son, la technique et bien entendu, la réalisation», précise Ali Fateh Ayadi. Le jury qu’il préside, souhaiterait que les films primés suscitent, au-delà de l’émotion, la réflexion. «Nous avons débattu longuement pour faire valoir les arguments des uns et des autres, connaître nos choix et nos visions», a-t-il poursuivi. Concernant le grand prix pour cette catégorie, poursuit l’intervenant, il a été choisi pour son sujet ambitieux, le choix minutieux des archives et leur utilisation judicieuse qui rappelle un moment occulté de l’histoire contemporaine. «Dans ce documentaire, le portrait du cameraman, exceptionnel, nous a séduit. Il a apporté une grande part d’humanité au film», a-t-il ajouté.

Quant au jury court métrage, présidé par Saïd Mehdaoui et composé de Chakib Taleb Bendiab, Belkacem Moulay, Amina Aboulaye Mamani et Fadila Ettayeb Mehal, il a attribué son prix spécial au film «Miss (la Petite)» de Amira Géhanne Khalfallah, alors que le grand prix est décerné, selon toute logique, à «Au plaisir, les ordures !» du réalisateur canadian Roman Dumont. Le prix du public a été décerné au film «Il reviendra» du réalisateur algérien Youcef Mahsas.

Lors d’un discours prononcé à cette occasion, la commissaire du festival Zahira Yahi a salué les efforts fournis par tout un chacun pour la réussite de cette manifestation à vocation internationale. De son côté, le directeur artistique du Fica, Ahmed Béjaoui, a souligné que le festival est destiné au public. Se référant à l’appel du 1er novembre 1954, qui commençait par
«A vous qui êtes appelés à nous juger», l’intervenant rappelle que depuis 3 ans, les occasions de voir des films britanniques, canadiens et d’autres horizons se raréfie.

Walid Souahi

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