Amina Abdoulaye Mamani documentariste 12 novembre 2019

« La partie Algérienne est importante dans mon film »

Amina Abdoulaye Mamani documentariste, a présenté lundi après-midi dans le cadre du Festival International du Cinéma d’Alger, un film qui rend hommage à son père, Abdoulaye Mamani. Un documentaire de 37 qui s’inscrit dans le cadre de la compétition officielle . Son père était un  exilé politique ayant séjourné durant 14 ans en Algérie. Il fut journaliste et formateur à l’école de journalisme d’Alger mais aussi écrivain et poète engagé pour la liberté des peuples et l’indépendance  de son pays, le Niger. Son livre le plus connu  Sarraounia,  a été  adaptée au cinéma par  feu le Franco-Mauritanien Med Hondo. Un film qui eut un prix au Fespaco du Burkina Faso. Sa fille nous parle de son film qui a suscité beaucoup d’émotion chez de nombreuses personnes dans la salle Ibn Zeydoun ( Riad El Feth ) où il a été projeté..

Tout d’abord pourquoi ce documentaire fait en hommage à votre père ?

Ce documentaire est d’abord une quête. Je n’ai pas très bien connu mon père. J’avais dix ans quand il est décédé. Je me souviens en 1993, une nuit de juin,  il est parti en voyage à Niamey. Nous habitons à neuf cent kilomètres de Niamey, la capitale du Niger. Il a été invité à recevoir un prix de littérature  que le Niger lui décernait. Avant de partir  avec mes sœurs il nous a promis  toutes de nous rapporter toutes une poupée. . J’ai longtemps attendu son retour  et la poupée promise. C’est plus tard que notre mère nous a informés de son accident de la route. Plus je grandissais, plus je sentais l’absence  de ce père que je découvre peu à peu à travers les gens  que je rencontre. Ca m’a vraiment donné l idée d’aller  à la recherche de ses traces  et de son histoire et ce à travers le passé comme je l’ai notifié, les gens qui l’ont connu et les archives audio, vidéos et d’autre documents etc

Votre père a été enseignant à l’université de journalisme d’Alger mais pas que. Avez-vous eu des difficultés à rassembler des informations lui concernant en Algérie lors de votre quête d’archives justement ?

Cela a été très difficile. Je n’ai pas eu la chance de venir en Algérie quand je faisais le film. Mon père est resté en Algérie de 1961 à  1974. Il  y a vécu 14 ans. J’ai fini le film  en 2018. J’ai commencé à travailler sur le film en 2008, entre l’écriture, les recherches et les contacts. Je me déplaçais avec la production quand une personne me disait qu’elle connaissait mon père. J’allais la rencontrer et je la filmais. J’ai contacté à maintes reprises la Radio Algérienne où mon père avait travaillé, aussi l’école de journalisme d’Alger où il a été formateur, je n’ai reçu aucune réponse. On me disait toujours que les gens qui l’ont connu sont soit morts, ou bien qu’ils sont absents ou encore qu’ils n’avaient  pas leurs contacts. Je n’ai eu que des réponses négatives. J’étais découragée car je ne pouvais pas faire ce documentaire sans aborder cette grosse partie de sa vie en Algérie. L’Algérie l’a accueilli comme  exilé politique. C’était impossible de  ne pas citer cet épisode là. La partie Algérienne est très importante dans mon film.

Qu’en est t-il de son héritage aujourd’hui au Niger ?

Mon père est  connu grâce à son livre Sarraounia,  Mais  il est  encore plus connu à  travers sa lutte. le roman est inscrit dans le programme scolaire (primaire, collège, lycée) . Un étudiante de la  Guinée Conakry a réalisé un travail sur lui tout comme une étudiante en France a réalisé aussi une thèse sur le roman.  Sa lutte pour l’indépendance du Niger et de l’Afrique en général  est vraiment connue. Il ya des pages de l’histoire de mon pays qui sont  aussi méconnues. Quand je faisais ce film j’ai appris que le Niger a lutté aussi contre la  colonisation française. Ceci , on  ne le dit pas toujours.