8e Festival International du Film Engagé d’Alger : Diversité et qualité 1 décembre 2017

La 8e édition du Festival international du film engagé d’Alger (FICA) sera marquée  par 18 films en compétition.

Cette huitième édition, qui sera organisée du 1er au 8 décembre à la salle El Mougar et à la Cinémathèque d’Alger, verra la projection de films documentaires et de films de fiction de haute facture ayant été primés lors de rendez-vous culturels internationaux. Les grandes lignes de cette édition 2018 ont été dévoilées à la presse nationale, hier matin, à la salle El Mougar, à Alger, par la commissaire du festival, Zahira Yahi, et par le directeur artistique, Ahmed Béjaoui.

La commissaire du Fica a indiqué que le nombre de films est plus important cette année compte tenu de la programmation de six courts métrage. «Nous avons choisi, dit-elle, de donner de la visibilité à des films de formats différents, mais dont le contenu correspond à la philosophie du festival. Nous estimons, aussi, qu’il faut encourager ce genre de films et ceux qui les produisent». Ces six courts métrages hors compétition seront partagés sur deux séances, à savoir les 4 et 5 décembre à 10h. Ils seront suivis de débats avec les réalisateurs et les producteurs.

Sur les vingt films restants entre fiction et documentaires, deux d’entre eux ne seront pas en compétition. Il s’agit du film documentaire Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté, du réalisateur et producteur suisse Nicolas Wadimoff, qui sera projeté à l’ouverture officielle. Le deuxième film hors compétition, La route d’Istanbul, de Rachid Bouchareb, sera programmé à la clôture du festival.
Ainsi, la compétition se jouera sur dix- huit films, dont neuf documentaires et neuf fictions.

Comme chaque année, en dehors des projections, deux tables rondes et une conférence seront à l’honneur. La première table ronde, prévue le 3 décembre, à 10h à la salle El Mougar, sera consacrée au psychiatre et essayiste Frantz Fanon : «Fanon l’Algérie, peaux noires, écrans blancs».

Plusieurs intervenants viendront évoquer l’œuvre de l’homme, dont son fils, Olivier Fanon, Alice Cherki, Manthia Diawara, Mehdi Lallaoui et Abdenour Zahzah. Pour sa part, la deuxième table ronde abordera «Le traitement de l’histoire contemporaine dans l’écriture filmique», où un panel d’experts se relieront pour donner leurs approches, dont l’universitaire irlandais David, le réalisateur Ahmed Rachedi, l’historien algérien Fouad Soufi  et Nais Van laer.

Le festival recevra cette année le plus grand scénariste du monde, à savoir  le Français Jean-Claude Carrière, qui compte à son actif plus d’une centaine de films. Il animera, le 7 octobre à 10h, à la salle El Mougar, une conférence portant sur «L’écriture du scénario».
Comme à l’accoutumée, deux jurys seront installés, dont celui du film documentaire, qui sera présidé par Mireia Sentis et celui de fiction par Cheikh Oumar Sissoko.

A l’image des éditions précédentes, les hommages ne seront pas en reste. Le Fica rendra hommage au réalisateur algérien Rachid Bouchareb pour l’ensemble de sa production, mais le festival n’oubliera pas d’avoir une pieuse pensée aux figures du cinéma qui nous ont quittés, à l’image de Youcef Bouchouchi, Mahmoud Zemmouri, Mohamed Bouamari et Stevan Labudovic. La conférencière Zahia Yahi a indiqué que le commissariat a entamé des pourparlers avec des producteurs étrangers pour demander une cession des droits d’auteur à titre gracieux.

Certains ont accepté, d’autres pas. «Cette démarche nous permettait d’éviter de récupérer le volet consacré, habituellement, aux droits des films, sans compter, entre autres, les taxes et la démarche des transferts par la Banque d’Algérie. Nous avons eu affaire à des gens engagés, solitaires, dont les productions nous intéressaient et cela a été un des critères de sélection définitive.» L’oratrice ajoute que deux films asiatiques intéressants ont été visionnés, mais dont la version en langue française était inexistante.

De son côté, l’universitaire et critique de cinéma Ahmed Béjaoui avoue que le festival détient un budget de plus en plus restreint. «Nous avons été aidés. C’est grâce à des gens que ce festival a pu exister avec sa qualité, mais nous avons un sérieux problème avec les vendeurs. Nous sommes tombés souvent sur des films de qualité, mais on nous a envoyés chez des vendeurs qui ne veulent pas céder leurs films sans payer des droits».

Ahmed Béjaoui met l’accent sur un autre obstacle de taille. Très souvent les films qui sont soutenus par des festivals, comme Dubaï et Doha, ont dans leurs clauses l’interdiction d’être présentés dans les pays arabes. «Ils autorisent la projection de films dans de petits festivals européens, mais il y a cette petite clause qui nous bloque. Il y a même des Algériens qui signent cette clause. Je trouve que c’est une lutte inégale et injuste», dit-il.

Si Zahira Yahi a refusé de donner le montant alloué pour cette édition 2017, mais elle rappelle que cette austérité est générale. «Nous faisons avec et nous nous adaptons à la situation, mais nous tenons à souligner que cette année le ministère nous a octroyé un budget, dont lui seul est habilité à donner le montant, qui reste insuffisant.

Il est important de souligner que des partenaires et des sponsors nous accompagnent dans ce festival», précise-t-elle. Il est à noter que l’ensemble des films programmés au niveau de la salle El Mougar fera l’objet d’une deuxième projection le lendemain à la Cinémathèque d’Alger.

Nacima Chabani

ELWATAN