8E FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA D’ALGER 12 janvier 2018

Une programmation éclectique

Cette manifestation dédiée au film engagé aura lieu du 1er au 8 décembre à la salle El-Mouggar. Pour cette édition, 18 films d’Algérie, de France, de Belgique, du Brésil, de Cuba, du Sénégal… entre fiction et doc seront en compétition officielle. Il sera proposé également des tables rondes, conférences et, pour la première fois, la diffusion de six courts métrages.
Projections, hommages, tables rondes et conférences seront au programme du 8e Fica (Festival international du cinéma d’Alger), prévu du 1er au 8 décembre, à la salle El-Mouggar. À cette occasion, la commissaire du festival, Zehira Yahi, aux côtés du directeur artistique, Ahmed Bedjaoui, ont animé une conférence de presse dans la matinée d’hier afin de donner les grandes lignes de cette manifestation cinématographique dédiée au film engagé.

Pour cette édition, un total de 26 films sera projeté au public. “Nous avons un plus grand nombre d’œuvres pour ce Fica, car nous avons introduit une nouvelle catégorie, celle du court métrage”, a annoncé Zehira Yahi. Intitulée Fenêtre sur courts, elle est composée de six courts métrages en hors compétition, notamment Je te promets (Algérie) de Mohamed Yargui, Un été brûlant (Palestine) de Areedj Abu Eid, et 3 caméras volées (Suède) du collectif équipe Média et RaFilm.
Toujours dans la programmation en hors compétition, l’ouverture de ce 8e Fica verra la projection du documentaire Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté de Nicolas Wadimoff. Quant à la clôture, elle sera marquée par le dernier film de Rachid Bouchareb, La route d’Istanbul, qui vient d’être sélectionné dans la short-list de la catégorie Meilleur film étranger aux osacrs 2018.
Concernant les longs métrages fictions et documentaires, 18 films ont été sélectionnés d’Algérie, de France, de Cuba, de Russie, du Sénégal, du Burkina Faso… Dans la catégorie fiction, l’Algérie participera avec En attendant les hirondelles (2017) de Karim Moussaoui, et Nous n’étions pas des héros (2017) de Nasreddine Guenifi. On retrouve entre autres United Kingdom (2017) d’Amma Asante. Pour les docs, il sera proposé notamment Molenbeek, génération radicale (2017) de Chergui Kharroubi et Maman colonelle (2017) de Dieudonné Hamadi.
Outre les projections, le Fica rendra hommage à de nombreuses personnalités ayant marqué le 7e art national et international. Parmi ces noms, les regrettés réalisateurs Mahmoud Zemmouri, Mohamed Bouamari et Youcef Bouchouchi. D’autres noms de la scène culturelle seront également honorés, à l’instar du photographe et caméraman Stevan Labudovic, décédé le 25 décembre 2017, Rachid Bouchareb et Jean Ziegler.
À propos des rencontres, une belle programmation a été conçue, et ce, avec la tenue d’une table ronde autour de “Fanon l’Algérien : peaux noires, écrans blancs”, qui sera animée par Manthia Diawara, Mehdi Lallaoui, Alice Cherki, Abdenour Zahzah et Olivier Fanon. La deuxième table ronde portera sur “Le traitement de l’histoire contemporaine dans l’écriture filmique” par David Murphy, Fouad Soufi, Ahmed Rachedi, Cheikh Oumar Sissoko et Naïs Van Laer. La dernière conférence sera inscrite sur “L’écriture d’un scénario” par Jean-Claude Carrière.
Questionnée sur la sélection de cette édition, qui voit l’absence de films d’Asie, du Maroc, de Tunisie, d’Iran…, Zehira Yahi a répondu que le Fica a demandé les films à titre gracieux, car “nous sommes en difficulté financière. Alors nous avons eu affaire à des gens solidaires et engagés qui ont accepté de nous envoyer leurs œuvres. Mais d’autres ont refusé notre demande. Il faut savoir que nous n’avons pas les moyens de transférer de la devise pour des films !”.
À propos de la situation financière, la commissaire a souligné avoir obtenu des subventions d’établissements publics et privés, ainsi qu’une petite aide du ministère de la Culture. D’ailleurs, ce dernier a promis d’élever l’enveloppe pour l’année prochaine, ont-ils indiqué.

Hana Menasria

LIBERTÉ