10e Festival international du film d’Alger : De la «qualité et de l’engagement» au Fica 2019 7 novembre 2019

Pour sa dixième édition, le Festival international du cinéma d’Alger (Fica), programmé du 7 au 16 novembre prochain à la salle Ibn Zeydoun, met à l’affiche près d’une trentaine de films de fiction, de documentaires et de courts métrages, a annoncé, hier, la commissaire de la manifestation Zehira Yahi, lors de la conférence de presse qu’elle a animée à la salle Franz-Fanon de l’Office Ryadh El Feth (Oref) où elle a présenté les grandes lignes de cette 10e édition du Fica.

Une édition marquée par le programme basé sur la «qualité et l’engagement», affirme-t-elle, ajoutant, que cette édition sera l’occasion de revenir sur l’actualité d’un monde qui «ne va pas très bien» et d’aborder des questions aussi variées que le présent et l’avenir de l’Afrique, le néo-colonialisme, l’intégrisme, la migration et l’assimilation.
Zehira Yahi précise à ce sujet que «ce sera le regard de réalisateurs sur leurs sociétés. Nous allons parler des migrants, de la colonisation, mais aussi de la néo-colonisation et de son impact sur la cohésion sociale des pays, ou encore de l’intégrisme… En fait, il n’y a pas de thème unique, mais énormément de sujets».
Les organisateurs ont, par ailleurs, annoncé que l’ensemble de la manifestation se déroulera cette année au niveau de l’Oref, avec des projections à la salle Ibn Zeydoun, des rediffusions à la salle Cosmos et des conférences et rencontres à la salle Frantz-Fanon.
Le programme qui donne déjà plusieurs angles d’appréciations au festival, avec une partie compétition, une sélection hors-compétition, mais aussi deux tables rondes, qui aborderont l’écriture d’un scénario de fiction traitant d’un sujet historique, la représentation des femmes par le cinéma, ou encore un master-class sur le travail de montage comme une «troisième écriture d’un film»
Il est également annoncé pour cette dixième édition, des rencontres avec une très longue liste d’invités de marque, «presque tous des réalisateurs», nous explique-t-on, mais aussi des personnalités à l’image de Nils Andersson, Jose Maria Galante Serrano, Yannick Kergoat ou encore Merzak Allouache et Inger Servolin.
Quant au programme des projections, marqué cette année par une «nouveauté», le lancement de la compétition court-métrage. «Nous estimons bien sûr que c’est un genre tout aussi important que les autres (…) mais surtout que nous avons une véritable pépinière. Nous aurons d’ailleurs deux œuvres étrangères, toutes les autres sont réalisées par des Algériens, c’est donc aussi un moyen de leur donner une visibilité un encouragement».
Le coup d’envoi de cette manifestation sera donné, jeudi prochain, avec la projection du long métrage de fiction «The Tower» du réalisateur Mats Grorud, une œuvre évoquant le sort des réfugiés palestiniens. La suite de la programmation, proposant une moyenne de trois films par jour, avec entre autre «Corleone, le parrain des parrains» de Mosco Boucault, ou encore «Les Misérables de la Jungle», fiction rwandaise de Joël Karekez. Un programme d’une trentaine de films d’autant plus remarquables que l’organisation du festival aura été «relativement difficile» cette année. Les responsables soulignant un budget restreint, mais aussi un décalage de la date de tenue du festival à la demande du ministère de la Culture. «Le changement de date a été problématique pour l’organisation. Mais dans son ensemble nous avons réussi à sauver la programmation».

Un festival qui confirme son ancrage
Le Fica confirme par ailleurs son ancrage dans le paysage culturel algérien, mais aussi international. Un rapide coup d’œil sur le programme, sur les noms des invités, montre ainsi la participation «d’habitués» du festival, à l’instar du réalisateur Chergui Kharroubi, notamment, que l’on avait rencontré en 2017 lors de la diffusion de l’excellent «Molenbeek, génération radicale ?». Ou encore la réalisatrice serbe Mila Turajlić, qui avait remporté le «grand prix du festival» en 2013 avec le documentaire «Cinéma Komunisto, il était une fois la Yougoslavie», et qui propose aujourd’hui la présentation du documentaire «L’envers d’une histoire». A ce sujet Zehira Yahi nous a précisé, hier, en marge de la conférence de présentation, que «nous avons maintenant des personnalités du cinéma qui participent puis reviennent au festival après quelques années. Il s’agit des personnes qui ont aimé le festival, son atmosphère mais aussi le public algérien» Elle ajoute que parfois, ce sont eux qui nous sollicitent, d’autres fois nous les contactons pour leurs nouveaux films (…) En fait, ils savent très bien que leurs œuvres ne seront pas distribuées en Algérie, mais ils viennent et je trouve cela formidable». Festival marqué ainsi par un programme volontairement tourné vers les questions internationales et les enjeux mondiaux, le Fica s’impose ainsi comme règle de ne sélectionner que deux films algériens dans chacune des catégories de compétition.
Quant aux hommages, un «volet» également devenu une tradition du rendez-vous, il s’agira cette année d’évoquer une personnalité et monument du cinéma Algérie, Moussa Haddad, disparu en septembre dernier. «Habituellement, le festival invite une personnalité du cinéma et rend hommage à son talent et son engagement. Mais, cette année, nous évoquerons Moussa Haddad, qui nous a quittés récemment. Il était très engagé et avait un immense talent. Paix à son âme».

reporters