RENCONTRE AVEC OUSMANE WILLIAM M’BAYE 26 décembre 2013

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« Les Africains doivent être objectifs avec leur histoire »

Ousmane William M’baye, cinéaste sénégalais, et l’auteur du film documentaire « Président Dia », projeté en compétition officielle au 4e Festival international du cinéma d’Alger, a animé, jeudi, une rencontre-débat où il a parlé de son documentaire qu’il considère comme un travail de mémoire, fait à l’attention des nouvelles générations. « La nouvelle génération ne connait rien de Mamadou Dia », a-t-il dit, et de poursuivre : « Tout ce qui concerne Mamadou Dia a été effacé de la mémoire collective. Son nom a été effacé des livres d’histoire et il n’est pas enseigné à l’école. »

Abondant dans le même sens, Sevryne Laurence Nathalie, productrice du film et présente à cette rencontre, a déclaré qu’« il y a eu urgence à réaliser ce film, car les témoins sont vieux, et la plupart sont morts. Ça ne sert à rien à vouloir nier ou à effacer l’histoire. Car la vérité surgit d’elle-même. On a fait le film pour ceux qui ont envie de parler. »

Interrogé sur l’accueil du film au Sénégal, Ousmane William M’baye a répondu : « Il a eu un accueil populaire, il y a eu tellement de monde ; l’engouement était grand. Nous avons assuré plusieurs projections, notamment dans les collèges et les lycées. Il y a eu surtout un intérêt manifesté par les jeunes. »

De son côté, Sevryne Laurence Nathalie a affirmé : « On avait l’impression que les gens attendaient le film, à ce qu’on raconte ce pan de l’histoire du Sénégal. Et ce qui était surprenant, c’est que ceux qui n’ont pas vu le film, ils en ont parlé. »

S’exprimant sur les matériaux qui ont servi à la construction du film, à savoir les archives, Sevryne Laurence Nathalie a assuré : « Cela a pris beaucoup de temps de chercher les archives et de les trouver. Une grosse partie des archives a été trouvée à l’Institut national des archives (France). Les archives nous semblaient actuelles tant le sujet traité reste d’actualité. »

Pour sa part, Ousmane William M’baye atteste qu’« au Sénégal, les archives ont été mal conservées. Il y a toutefois les doubles en France. Il se trouve que c’est difficile d’y avoir accès. En France, il y a une sorte d’embargo sur les archives concernant le Sénégal. »

Pour conclure, Ousmane William M’baye a assuré qu’il a réalisé le film « par devoir de mémoire. C’est absolument un travail de mémoire que je fais à travers ce film. Je suis à la recherche de la vérité. » Le réalisateur a, en outre, expliqué que son film a été fait pour permettre aux Sénégalais un regard objectif sur leur propre histoire. « Si on n’a pas cette objectivité, on ne peut pas aller de l’avant », a-t-il soutenu.