Impressions des participants 26 décembre 2013

impressions

Lam Lê, réalisateur vietnamien :

« Il s’agit de ma première visite en Algérie, mais j’ai longuement rêvé de pourvoir projeter mon film chez vous, car il évoque le sujet de l’ancienne colonie française. C’est un point commun entre l’Algérie et le Vietnam. Je suis heureux d’avoir rencontré un festival entièrement dédié aux films engagés. J’ai été aussi surpris par la diversité de la sélection. On a retrouvé un engagement non seulement politique, mais social aussi. Ce qu’on a pu découvrir à travers les différentes projections, c’est que l’engagement n’est pas propre au pays du tiers-monde. La preuve, nous avons eu des films de la diaspora, et de ces pays qui souffrent de tous ces types de colonisation contemporaine. Parfois, on a l’impression que le monde n’a pas évolué… Ce que j’ai apprécié au FICA, c’est non seulement la globalisation de l’engagement, mais aussi l’affluence du public qui a compris que ce type de cinéma le concerne. J’ajouterai que le FICA est un festival qui m’a permis d rencontrer des réalisateurs extraordinaires venant de tout horizon et avec lesquels je partage différents points de vue, ce qui est rare de nos jours. »


Yannis Youlountas, réalisateur franco-grec :

« Je suis très touché par ce voyage, car l’Algérie est le pays de ma femme, son papa est Algérien. J’ai toujours été algérien de cœur. J’ai senti un accueil très fort de la part des spectateurs, et j’ai profité du fait d’être intervenu dès le premier jour pour pouvoir nouer des liens avec les gens durant le FICA. J’ai eu de nombreux débats forts intéressants. Cela a été aussi une rencontre avec un métier car je suis écrivain. Je ne suis qu’un citoyen qui a fait irruption dans le champ des métiers du cinéma par rapport à un projet précis, une nécessité. J’essaye de donner un sens aux circonstances en prenant l’exemple de mon pays la Grèce. Cela m’a permis de confronter mon ignorance aux savoirs des nombreux réalisateurs qui m’ont beaucoup appris dont Mohamed Bensalah. J’ai aussi été bluffé par le dévouement de la commissaire et de son staff. Mais ce qui m’a le plus touché c’est sans doute la chaleur humaine des gens de l’organisation qui étaient aux petits soins avec nous. Le FICA est un feu d’artifice, une comète car il a été fait en un temps record, mais le résultat est plus qu’à la hauteur. Le FICA est simplement mon plus beau festival. »


Ousmane William Mbaye, réalisateur sénégalais :

« Il s’agit de ma seconde visite en Algérie. J’y suis déjà venu lors du Festival panafricain en 2009. Je trouve que les projections du FICA ont drainé plus de monde que celles du Panaf, ce qui est vraiment étonnant ! Je trouve que cela est dû au fait d’avoir concentré le festival dans une seule et unique salle. C’est une démarche intelligente car cela permet de fidéliser le public. Je pense aussi que le public est aussi de qualité. Concernant les projections, je trouve qu’elles se sont faites dans un grand professionnalisme grâce au format DCP. Je suis aussi impressionné par la sélection du festival, elle est diversifiée et surtout de qualité. Il y a des films de tous les horizons et on se sent fier d’être parmi les réalisateurs invités du FICA. »


Mila Turajlic, réalisatrice serbe :

« Pour moi, ce festival est une expérience inoubliable parce d’abord, ça m’a permis de visiter l’Algérie, et c’est une bonne opportunité. Après c’est assez unique comme festival, parce qu’on a réuni des réalisateurs qui viennent de pays complètement différents mais à la fois on partage tellement de notre regard sur la vie. Je trouve le festival comme un lieu complètement incroyable, car cette idée de choisir des films qui sont engagés ça a provoqué des débats tellement incroyables. L’autre chose qui était incroyable, c’est la rencontre avec le public algérien. J’ai rencontré des gens qui sont complètement ouverts pour ce genre de discussion. »


Salah Hannoun, comédien palestinien :

« De manière générale, je trouve que c’est un très bon festival. La sélection des films en compétition était de qualité. Le public était présent, ne ratant aucune projection. Il y avait également les débats avec le public le lendemain des projections, ce qui est très important ; on décèle une passion. Toutefois, j’aurais aimé que certains films soient projetés une seconde fois pour permettre à ceux qui ont raté la première projection de les voir. Je trouve également que le nombre de films en compétition est peu. Mais cela n’a pas influé sur la qualité ce qui fait la force de ce festival. »


Sami Shanaa, producteur palestinien :

« Je trouve que le Festival international du cinéma d’Alger est un bon festival. On y trouve des documentaires internationaux de qualité. D’après ce que j’ai vu et ce qu’a vu le public, on peut dire que ce sont des films de qualité. J’aurais aimé que les films soient projetés au moins deux fois pour permettre au public de venir et de voir. Mais globalement, c’est festival merveilleux. »


Malik Aït Aoudia, réalisateur algérien :

« Ce festival était très agréable parce que d’une part la sélection était d’un très haut niveau donc les discussions avec les autres participants, réalisateurs, comédiens et producteurs étaient très fécondes. Donc on a pu échanger, c’était très intéressant. J’ai vu d’excellent film et je suis très content. »